Quand l’écologie devient source de rentabilité

La construction durable est souvent considérée comme un luxe coûteux, et non comme un choix judicieux. Une nouvelle étude, menée à partir de l'exemple du parking du campus de l'Empa et de l'Eawag, démontre le contraire. Investir aujourd'hui dans la flexibilité permet d'économiser des millions demain. La preuve en est un bâtiment en bois discret situé à Dübendorf.

Le campus de recherche « co-operate » de l'Empa et de l'Eawag à Dübendorf a été inauguré en juin 2024. Les bâtiments ont notamment été conçus pour permettre une utilisation flexible et durable. Photo : Empa

août 2026

Le parking à structure hybride primé, situé sur le campus de recherche « co-operate », allie des mesures écologiques telles qu’une installation solaire, un système innovant de stockage de chaleur géothermique et une réduction de la consommation de ciment grâce à une construction hybride bois-béton, à un environnement quasi sans voiture. Mais un détail, qui ne saute pas aux yeux au premier abord, est déterminant : le bâtiment a été conçu dès le départ pour une réaffectation ultérieure. La construction modulaire à partir d’éléments préfabriqués démontables, la façade en bois baignée de lumière et la hauteur sous plafond adaptée aux bureaux permettent une transformation en espaces de bureaux ou de commerces sans avoir à démolir le bâtiment.

Deux scénarios pour un avenir incertain
Lors de la planification, l’Empa et l’Eawag ont explicitement tablé sur une baisse de la demande en matière de transport individuel motorisé. Dans le premier scénario, le parking est partiellement reconverti en espaces de bureaux ou commerciaux ; dans le second, il devient totalement superflu, car le transport de personnes s’effectuera à l’avenir via les transports en commun ou la mobilité combinée. Cette double stratégie distingue le projet d’un parking classique, construit pour un usage unique.

La méthode à la base du calcul
Bernhard Kümmerli, auteur de l’étude et chercheur à l’Institut d’histoire et de théorie de l’architecture de l’ETH, a utilisé, en collaboration avec Wüest Partner, l’analyse de la valeur actuelle nette pour comparer les investissements initiaux aux coûts futurs de transformation. Cette méthode permet une comparaison directe entre la construction flexible et un parking construit de manière conventionnelle sur l’ensemble du cycle de vie. Selon M. Kümmerli, la prise en compte systématique de tels critères de durabilité économique fait jusqu’à présent largement défaut en architecture.

Les chiffres sont convaincants malgré des coûts de construction plus élevés
Le résultat est sans équivoque. Malgré des coûts de construction supérieurs de 22 %, on obtient une économie future d’environ 6 millions de francs en cas de transformation partielle et d’environ 12 millions de francs en cas de réaffectation complète. L’investissement initial plus élevé est donc largement rentabilisé sur la durée de vie du bâtiment.

Un modèle pour l’ensemble du secteur du bâtiment
Kevin Olas, responsable immobilier à l’Empa, voit dans ces analyses financières un levier important pour le secteur, car des conclusions fondées sur la durabilité économique faisaient défaut jusqu’à présent. Selon M. Olas, si la méthode de la valeur actuelle nette était appliquée de manière systématique à l’avenir, cela pourrait accélérer considérablement la transition vers des pratiques de construction respectueuses du climat. Le parking du campus offre ainsi non seulement un bâtiment fonctionnel, mais aussi un modèle de calcul que d’autres maîtres d’ouvrage et investisseurs pourraient directement adopter.

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