Vaz/Obervaz accentue la pression sur le marché du logement
Ce n'est pas Zurich, mais Vaz/Obervaz qui affiche la plus forte pénurie dans le dernier classement des communes. Pour le marché immobilier des Grisons, cela va bien au-delà d'une simple curiosité : un taux de logements vacants de 0 % se heurte à la demande touristique, à l'activité de construction et à un parc immobilier limité.
C’est non pas à Zurich, mais à Vaz/Obervaz que le marché du logement est actuellement le plus tendu de Suisse. Dans le dernier classement des communes établi par Bilanz et l’IAZI, cette commune des Grisons affiche un taux de logements vacants de 0 %. Cela signifie qu’à la date de référence, aucun logement libre n’a été recensé. Pour une localité à vocation touristique comme Lenzerheide, c’est un signal clair : la marge de manœuvre au sein du parc immobilier habitable est pratiquement épuisée.
Ce constat est d’autant plus pertinent qu’il relativise la vision courante qui se concentre sur les grands centres. Si la pénurie à l’échelle nationale est certes un sujet d’actualité depuis des années, elle se heurte, dans les régions de montagne en particulier, à une situation complexe mêlant terrains à bâtir limités, pression liée aux résidences secondaires, utilisation saisonnière et un marché restreint et peu élastique. Lorsque, même statistiquement, on n’y recense plus aucun logement vacant, le logement pour les ménages, les employés et les nouveaux arrivants devient rapidement un facteur déterminant pour l’implantation.
La pénurie en dehors des métropoles
Le classement communal 2026 porte sur 966 communes de plus de 2 000 habitants et les évalue à l’aide de 56 indicateurs. Le taux de logements vacants n’est certes qu’un facteur parmi d’autres sur le marché du logement, mais il revêt une importance particulière dans le cas de Vaz/Obervaz. Les données communales accessibles au public et les aperçus du marché du logement indiquent par ailleurs que la localité a récemment connu une demande supérieure à l’offre et que la réserve de logements disponibles est restée très faible.
Pour les professionnels de l’immobilier, cela revêt plus d’importance que la simple première place dans une catégorie isolée. Un taux nul ne signifie pas automatiquement qu’aucun logement ne change de propriétaire. Il montre toutefois que le parc librement disponible était de fait entièrement occupé à la date de référence. Sur de tels marchés, les obstacles à la mise en location de logements pour le personnel, de résidences principales et de baux à long terme augmentent particulièrement fortement. Les projets de développement, les constructions de remplacement et les changements d’affectation sont ainsi soumis à une pression encore plus forte pour répondre aux attentes.
L’activité de construction à elle seule ne résout pas le problème
Les profils communaux disponibles montrent certes que des projets sont en cours de construction et ont été autorisés à Vaz/Obervaz. Mais sur un petit marché à vocation touristique, une activité de construction supplémentaire ne conduit pas automatiquement à un désengorgement rapide du segment des logements disponibles toute l’année. Ce qui reste déterminant, c’est de savoir quels types de logements sont construits, dans quelle fourchette de prix ils sont proposés et s’ils alimentent effectivement le marché local des résidences principales.
Pour les propriétaires, les investisseurs et les autorités, le défi réside donc moins dans le constat abstrait d’une pénurie que dans la gestion du parc immobilier existant. Là où les statistiques tombent à zéro, l’occupation, la mixité d’usage, la rénovation et la mise en valeur des surfaces existantes deviennent des enjeux centraux. Vaz/Obervaz illustre ainsi de manière exemplaire que la question du logement en 2026 n’est pas seulement un problème des grandes villes, mais touche de plus en plus les localités qui vivent à la fois de leurs activités de loisirs et de leur activité professionnelle.