Le Tessin tire profit des ventes foncières
Au Tessin, l'impôt sur les gains immobiliers ne devrait plus revenir exclusivement au canton. Une initiative parlementaire demande que 40 % des recettes soient reversés aux communes dans lesquelles se trouve le bien immobilier vendu. Selon une simulation, cela aurait représenté environ 31,6 millions de francs pour 2025.
Bellinzone aborde une question délicate de répartition sur le marché foncier. L’initiative parlementaire de Patrick Rusconi, Michela Ris et Luca Renzetti ne porte pas sur le taux d’imposition, mais sur la clé de répartition selon laquelle les recettes issues de l’impôt sur les gains immobiliers sont réparties. C’est précisément ce qui rend cette initiative politiquement sensible pour les communes d’implantation.
Selon le système tessinois en vigueur, l’impôt sur les plus-values immobilières revient intégralement au canton. Dans ce modèle moniste, la TUI prend en compte les plus-values issues de la vente de biens immobiliers, qu’ils proviennent du patrimoine privé ou professionnel. L’initiative vise à en reverser 40 % à la commune dans laquelle se trouve le bien immobilier vendu.
31,6 millions pour les communesd’
Sur la base des chiffres pour 2025, les auteurs de l’initiative tablent sur un apport d’environ 31,6 millions de francs aux communes. Selon cette simulation, le canton conserverait toujours plus de 47 millions de francs. Cette mesure ne créerait donc pas de nouvel impôt et n’alourdirait pas non plus la charge fiscale des acheteurs, des vendeurs ou des entreprises. Seule la part fiscale des plus-values immobilières déjà réalisées serait redistribuée.
Pression sur les relations entre le canton et les communes
Cette initiative est motivée par un déséquilibre financier croissant. Les communes assument une part considérable des travaux de viabilisation, du développement urbain et des prestations locales, mais, dans le cadre de la réglementation actuelle, elles ne profitent pas directement des plus-values générées par les ventes sur leur territoire. Pour les communes connaissant une forte activité de construction ou une dynamique de transactions soutenue, ce mécanisme permettrait justement d’injecter de l’argent dans leurs caisses.
Lancée sur le plan politique,maisencore en suspens sur le plan juridique
Rien n’est encore décidé. Il s’agit d’une initiative parlementaire au sein du Grand Conseil tessinois et non d’une loi en vigueur. La question de savoir si cela débouchera sur une modification législative dépendra de la suite de la procédure parlementaire. C’est précisément parce que l’impôt lui-même resterait inchangé que le débat devrait désormais porter d’autant plus directement sur la répartition des compétences entre le canton et les communes.