Lausanne freine la reconstruction d’un immeuble dans le quartier des villas
À Lausanne, un projet immobilier de 19 appartements échoue en raison de considérations liées à la protection des monuments historiques et au patrimoine urbain. La ville refuse la démolition de deux villas dans le quartier des Fleurettes, privilégiant ainsi la protection d'un ensemble urbain fragile au détriment d'une densification supplémentaire.
Dans le quartier des Fleurettes, la ville de Lausanne a refusé le permis de construire pour la démolition de deux villas et la construction prévue d’un nouvel immeuble comprenant 19 appartements. Selon la ville, la décision a été motivée par la valeur culturelle exceptionnelle de l’ensemble et le risque d’une atteinte trop importante à l’identité du quartier.
La ville met ainsi un terme à un projet qui prévoyait la construction de 19 nouveaux logements à cet emplacement, dont huit logements sociaux. Le conflit a été déclenché par une mobilisation de quartier qui a recueilli environ 2 000 signatures. Celle-ci a également reçu le soutien des milieux de la protection du patrimoine et du monde politique. Parallèlement, cette affaire met en évidence un conflit d’objectifs délicat, car même la construction de logements supplémentaires sur un marché tendu n’est pas automatiquement acceptée lorsque la protection du paysage urbain et l’intégration dans le quartier sont privilégiées.
La logique de protection l’emporte sur la densification
Pour les propriétaires, les promoteurs et les urbanistes, cette décision va bien au-delà d’un simple cas local. Le quartier des Fleurettes s’inscrit depuis longtemps dans un contexte urbanistique sensible. Dès 2004, le canton de Vaud avait ouvert une procédure visant à préserver un ensemble d’importance historique et architecturale dans la partie est de la zone du Mont-d’Or et des Fleurettes. Une vingtaine de bâtiments situés sur le chemin des Fleurettes ainsi que sur les avenues Mont-d’Or et Milan avaient alors été désignés.
L’argumentation de la ville s’inscrit précisément dans cette logique de protection. L’accent n’est pas seulement mis sur les deux maisons individuelles datant des années 1920, mais aussi sur leur contribution à l’image cohérente du quartier. Selon la page d’information municipale consacrée au patrimoine, Lausanne s’appuie, dans de tels cas, sur les inventaires communaux et cantonaux ainsi que sur les objectifs de l’Inventaire fédéral ISOS.
Un signalfortpour des projets similaires
Il s’agit là d’un signal fort pour la construction de logements. Les nouveaux bâtiments destinés à remplacer des constructions existantes dans des quartiers de grande valeur doivent démontrer encore plus précisément leur compatibilité urbanistique et culturelle, même s’ils promettent des logements supplémentaires et des parts d’utilité publique. C’est précisément dans les quartiers dont la qualité d’ensemble est attestée que le risque augmente de voir les projets de densification échouer face aux intérêts de protection ou devoir être profondément remaniés.
Reste à savoir si le projet reviendra sous une forme adaptée ou si la décision sera reportée. Une chose est déjà claire : dans le cas des Fleurettes, Lausanne a accordé plus d’importance à la protection du caractère du quartier qu’à l’augmentation à court terme du parc immobilier.