C’est le lieu qui détermine le choix entre une pompe à chaleur et le réseau
Le débat sur le chauffage de demain est souvent mené sur le plan idéologique. Les plans de chauffage municipaux en Allemagne dressent désormais un tableau nettement plus sobre. D’ici 2045, les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur devraient couvrir ensemble près de quatre cinquièmes des besoins en chaleur. Dans les scénarios étudiés, l'abandon du gaz naturel et du fioul n'est donc plus un objectif lointain, mais relève désormais d'une planification concrète des infrastructures.
Photo : Andreas Haubold / Unsplash
Pour la deuxième édition de l’étude « Planification communale du chauffage en Allemagne », le Fraunhofer ISE et l’Öko-Institut ont analysé 377 plans de chauffage provenant de 938 communes. La base de données est donc nettement plus large que celle de la première étude de 2025, qui portait sur 113 plans pour 223 communes.
Le résultat est clair. D’ici 2045, les pompes à chaleur devraient assurer environ 41 % de l’approvisionnement en chaleur. Les réseaux de chaleur devraient en fournir 36 % supplémentaires. Ensemble, ils constituent l’épine dorsale de l’approvisionnement en chaleur prévu. Il n’existe toutefois pas de solution unique. Dans les communes de petite et moyenne taille, ce sont les pompes à chaleur décentralisées qui prédominent. Les villes à forte densité de construction misent davantage sur le chauffage par réseau. Les sources de chaleur locales, la structure urbaine, les réseaux existants et la stratégie de développement de chaque commune sont des facteurs déterminants.
Les réseaux de chaleur connaissent une croissance fulgurante
Aujourd’hui déjà, 71 % des communes étudiées disposent d’au moins un réseau de chaleur. D’ici 2030, cette part devrait passer à 91 %, puis à 95 % d’ici 2035. La part de la chaleur fournie par les réseaux de chauffage dans ces communes devrait passer d’environ 15 % aujourd’hui à 38 % en 2045.
Il s’agit là d’un message essentiel pour les services municipaux, les gestionnaires de réseaux et le secteur immobilier. La planification thermique devient un plan de développement pour les réseaux électriques, les conduites de chauffage urbain et la gestion progressive des réseaux de distribution de gaz. Elle contribue à déterminer quels investissements dans les quartiers, les lotissements et les zones d’activité sont judicieux à long terme.
Les questions en suspens
L’étude met toutefois également en évidence les domaines dans lesquels de nombreux objectifs manquent encore de fiabilité. Selon l’ensemble des plans examinés, les besoins en énergie finale pour le chauffage devraient baisser d’environ 32 % d’ici 2045. Pour y parvenir, deux tiers des communes tablent sur des taux de rénovation supérieurs à la valeur historique d’environ 1 % par an. La question de savoir si cette dynamique accrue sera atteinte reste souvent en suspens.
Il ne s’agit pas seulement d’une question de méthode. Si la rénovation s’avère plus lente que prévu, les besoins en chauffage augmenteront. Il faudra alors dimensionner davantage les réseaux électriques, les réseaux de chauffage et les installations de production. Les communes devraient donc également intégrer des scénarios de rénovation moins ambitieux dans leur planification des infrastructures.
La biomasse vient à manquer
Le rôle de la biomasse est particulièrement critique. Dans 63 % des communes analysées, la consommation de sources d’énergie biogènes prévue pour 2045 dépasse le potentiel localement identifié. Tous plans confondus, les besoins attendus dépassent le potentiel disponible de près de 40 %.
De nombreuses communes tablent donc implicitement sur des importations en provenance d’autres régions ou de l’étranger. Si cela se produit simultanément dans de nombreux endroits, des conflits d’utilisation apparaîtront. La biomasse reste précieuse, mais limitée. Elle ne peut pas servir de solution de secours disponible en quantité illimitée pour tous les plans de chauffage.
L’hydrogène reste un complément
L’hydrogène n’est pas non plus la solution universelle. Environ deux tiers des communes étudiées ne prévoient pas d’utiliser l’hydrogène en 2045. Là où son utilisation est envisagée, elle concerne principalement des applications industrielles et la couverture des pics de demande dans les réseaux de chaleur. Pour le chauffage décentralisé des bâtiments, il ne joue qu’un rôle ponctuel.
La transition thermique résulte de la combinaison de la rénovation des bâtiments, des pompes à chaleur, des réseaux et des sources locales disponibles telles que la chaleur résiduelle ou la géothermie. Les plans communaux indiquent la voie à suivre. Il faut désormais que les réseaux, les investissements et les rénovations concrètes suivent.