Les droits de préemption ont un impact considérable sur les ventes

Lors de la vente d'un terrain, ce n'est pas toujours l'acheteur avec lequel les négociations ont eu lieu qui a le dernier mot. En Suisse, des droits de préemption contractuels et légaux peuvent modifier le transfert de propriété. Pour les propriétaires, les promoteurs et les copropriétaires, la rédaction du contrat devient ainsi un facteur de risque.kt.

juillet 2026

Toutes les ventes immobilières négociées ne se concluent pas nécessairement avec l’acheteur prévu. Dès qu’un droit de préemption valable existe, la personne habilitée peut se substituer à l’acheteur et acquérir elle-même la propriété. Concrètement, cela signifie que le véritable risque ne réside souvent pas dans le transfert de propriété, mais dès la structure du contrat et dans la question de savoir si un droit a été correctement constitué et inscrit au registre foncier.

En droit suisse, les effets varient considérablement selon la forme choisie. Le droit de préemption contractuel peut être déclenché lors de la vente d’un bien immobilier ou dans le cadre d’opérations équivalentes sur le plan économique. Sauf convention contraire, la personne habilitée acquiert en principe le bien aux conditions négociées avec le tiers. En revanche, dans le cas d’un droit de préemption limité, le prix est fixé à l’avance. Cette différence revêt une importance économique considérable, notamment dans le cadre de relations familiales, de copropriété ou de projets d’aménagement foncier à long terme.

Les vices de forme peuvent rapidement coûter cher
Un droit de préemption limité nécessite un acte authentique. En revanche, un droit illimité peut être convenu par simple écrit. Toutefois, un droit de préemption contractuel ne déploie pleinement ses effets à l’égard des tiers qu’une fois qu’il a été inscrit au registre foncier. Dans les transactions impliquant plusieurs parties, les dispositions successorales ou les réserves foncières liées à des projets, ce n’est donc pas seulement la volonté des parties concernées qui est déterminante, mais aussi la garantie formelle.

À cela s’ajoute la limitation dans le temps. Les droits de préemption contractuels sur des biens immobiliers sont en principe limités à 25 ans au maximum. Cela impose des limites claires à la garantie à long terme de l’accès aux terrains. Quiconque souhaite garantir des options de développement sur plusieurs décennies doit impérativement tenir compte de ce délai lors de la structuration. De par la loi, le droit de préemption est en outre transmissible par succession, mais non cessible, sauf si une disposition dérogatoire admissible a été convenue.

Les droits légaux restent un cas particulier
Outre les solutions contractuelles, le droit prévoit également des droits de préemption légaux, par exemple en cas de copropriété ainsi que dans les relations entre le concédant et le concessionnaire d’un droit de superficie. Le droit foncier agricole prévoit d’autres droits d’accès spécifiques. En revanche, les copropriétaires ne disposent d’aucun droit de préemption légal. Dans ce cas, un tel droit ne peut être créé que par voie contractuelle. C’est précisément ce point qui revêt une importance particulière dans la pratique, car on s’attend souvent à tort à ce que les unités de copropriété bénéficient d’une priorité automatique au sein de la communauté.

Pour le secteur immobilier, cela représente bien plus qu’une simple note de bas de page juridique. Les droits de préemption influencent les voies de sortie, la formation des prix, le pouvoir de négociation et la sécurité des transactions. Quiconque vend des terrains, les développe ou investit dans des structures de copropriété doit non seulement connaître ces droits, mais aussi les intégrer dès le début dans l’architecture de la transaction. Sinon, une cession apparemment sûre peut rapidement se transformer en un changement de propriétaire au profit d’une autre partie.

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