Thun Nord ne se contente pas de construire des logements
Thun Nord devrait passer d'une zone industrielle et militaire à un quartier aux multiples facettes. La Confédération fixe désormais de nouvelles lignes directrices. Les terrains de la place d'armes restent réservés à l'armée et à la défense. L'espace initialement prévu pour des constructions civiles devient un site stratégique dédié à la formation, à la logistique et à l'innovation en matière de sécurité.
© VBS-DDPS
Le pôle de développement de Thoune Nord s’étend sur environ 60 hectares. Depuis environ l’an 2000, la ville poursuit l’idée de transformer progressivement cette zone, autrefois militaire et industrielle, en un pôle high-tech à vocation internationale. Le plan directeur communal de 2014 en constitue le fondement spatial.
Aujourd’hui, environ 2 300 personnes travaillent dans cette zone. À long terme, la ville prévoit d’y créer jusqu’à 8 500 emplois. Des nouveaux terrains à bâtir destinés aux entreprises, à la recherche, au commerce et aux services étaient et sont toujours prévus, complétés par des logements, des espaces verts attrayants et une meilleure desserte par les transports publics.
Un projet de construction était prévu
Le développement urbain porte déjà des noms concrets. Le B5 Campus Thun devrait créer environ 40 000 mètres carrés de surface de plancher et accueillir l’Empa en tant que locataire phare. Le quartier Tryber, prévu le long de l’Uttigenstrasse, fait également partie de la stratégie de développement. L’espace de l’Aar doit parallèlement être revalorisé en tant qu’espace naturel et de loisirs.
Les infrastructures devraient évoluer au même rythme. Une nouvelle station de S-Bahn, « Thun Nord », est prévue dans le cadre de la phase d’extension STEP AS 2035. Depuis décembre 2025, une ligne de bus tangentielle teste par ailleurs de nouvelles liaisons dans la région de Thoune et de Steffisburg.
La Confédération fixe la limite
Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports vient de communiquer une décision claire. Il ne souhaite pas libérer d’autres terrains appartenant à la Confédération situés dans cette zone prioritaire de développement pour des usages purement civils. La place d’armes restera disponible à long terme à des fins militaires.
Cela ne signifie pas pour autant que le projet d’aménagement du site soit abandonné. Mais il prend une nouvelle dimension géographique. Les utilisations civiles ne pourront se développer que là où les terrains n’appartiennent pas à la Confédération ou là où elles sont compatibles avec des fonctions militaires ou liées à la défense. L’espoir d’une reconversion à grande échelle des sites militaires libérés s’amenuise.
De la place d’armes au réseau
Parallèlement, la Confédération souhaite positionner Thoune davantage comme un pôle de défense et d’innovation. Un «Defence Cluster» doit rapprocher l’armée, l’industrie de l’armement, les hautes écoles et la recherche. L’accent est mis notamment sur les drones, la robotique et les cybertechnologies.
Cela peut générer de nouveaux emplois qualifiés et des coopérations en matière de recherche. Mais cela modifie également la perspective urbanistique. Thoune Nord se développe moins comme un quartier mixte classique que comme un pôle technologique spécialisé soumis à des exigences de sécurité accrues.
La planification reprend à zéro
La ville maintient cet axe de développement. Cependant, la coordination entre propriété foncière, utilisation militaire, mobilité, espaces ouverts et développement civil étant complexe, la zone a été provisoirement exclue de la révision du plan d’aménagement local, en vigueur depuis février 2025.
La ville et le DDPS souhaitent désormais définir ensemble les grandes lignes de ce développement à long terme. Pour Thoune, l’enjeu dépasse la simple question foncière. Il s’agit de déterminer comment une ville peut se développer alors qu’une grande partie de son principal espace de développement reste en même temps une réserve de sécurité nationale.