Davantage d’autorisations, mais la pression sur les loyers persiste

Les quelque 52 000 nouveaux logements autorisés marquent certes un tournant statistique en Suisse. Mais celui-ci ne se répercute guère sur le marché locatif. Les constructions se concentrent principalement en dehors des principales régions en situation de pénurie, tandis que les travaux de rénovation mobilisent des capacités et que les loyers de référence continuent d'augmenter.

août 2026

Les quelque 52 000 logements dont la construction a été autorisée au cours des douze derniers mois constituent un résultat plus qu’honorable. Ils atteignent leur plus haut niveau depuis fin 2018. Pour les personnes à la recherche d’un logement, ce n’est toutefois pas ce qui compte le plus. Ces nouvelles constructions ne se situent que partiellement là où la pénurie est la plus forte, et une part croissante des activités de planification et de construction est consacrée à des rénovations plutôt qu’à la construction de nouveaux logements.

Cela explique pourquoi le renversement de tendance statistique n’apporte guère de soulagement sur le marché. Wüest Partner fait certes état d’une hausse des autorisations et des demandes de permis de construire pour les logements locatifs. Mais parallèlement, l’activité de construction se déplace d’une région à l’autre. Dans la région de Berne, les demandes de permis de construire pour des logements locatifs ont augmenté de 44 % en l’espace d’un an, tandis qu’elles ont reculé de 14 % dans la région lémanique et de 10 % à Zurich et dans le nord-ouest de la Suisse. Ce sont donc précisément les marchés les plus tendus qui ne bénéficient pas automatiquement de l’apport le plus important.

Les transformations grignotent la capacité de construction de nouveaux logements
De plus, l’effet d’éviction s’accentue au sein du secteur de la construction. Au deuxième trimestre 2026, les demandes de transformation et de rénovation étaient pratiquement à égalité avec celles de construction neuve. Si cela représente certes un gain de qualité pour le parc immobilier existant, cela n’augmente toutefois guère l’offre de logements. Le Conseil fédéral a décidé, le 1er avril 2026, de mettre en œuvre la suppression de la valeur locative à compter du 1er janvier 2029. D’ici là, de nombreux propriétaires devraient anticiper leurs travaux d’entretien et de rénovation, car les possibilités de déduction actuelles restent valables jusqu’à fin 2028.

La situation est délicate pour le marché locatif. Les nouvelles constructions destinées à remplacer les logements anciens risquent de retirer du marché des logements abordables, tandis que les assainissements et les rénovations ne créent pratiquement pas de logements supplémentaires. Même là où l’on construit, l’offre n’augmente donc pas au même rythme que la demande.

Les loyers divergent
Ce phénomène est particulièrement visible au niveau des prix. Les loyers des logements existants ont de nouveau légèrement baissé suite aux baisses des taux d’intérêt de référence de l’année dernière. En revanche, ceux qui doivent louer un nouveau logement paient plus cher. Les loyers proposés ont récemment augmenté de 1,5 %. Cet écart freine les déménagements, réduit la rotation des locataires et maintient le volume des annonces à un niveau faible. Wüest Partner publie ses indices trimestriels de l’offre pour la Suisse sur la base des données au 30 juin 2026, la dernière mise à jour datant du 2 juillet 2026.

Le marché de l’accession à la propriété reste également bloqué
On ne peut pas non plus parler d’une détente générale en matière d’accession à la propriété. Selon Wüest Partner, les demandes de permis de construire pour les maisons individuelles stagnent à un niveau très bas, tandis que celles concernant les appartements en copropriété ont continué de reculer. Dans le même temps, la suppression décidée de la valeur locative devrait rendre l’achat d’un logement à usage personnel encore plus attractif à partir de 2029. Pour le marché du logement, la question centrale reste donc de savoir si la production de logements augmentera suffisamment rapidement pour rattraper le retard accumulé depuis 2020 par rapport à la croissance démographique.

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