Lucerne redéfinit les limites de sa croissance
Le canton de Lucerne base son plan directeur sur une population de 560 000 habitants à l'horizon 2050. Les données disponibles indiquant que les zones à bâtir actuelles ne suffiront que jusqu'en 2040 environ, la densification, les zones centrales et les nouvelles possibilités d'aménagement de logements occupent désormais une place plus importante.
Lucerne planifie son aménagement du territoire en prévision d’une croissance qui dépassera les réserves actuelles. Le plan directeur cantonal révisé table sur environ 120 000 habitants supplémentaires d’ici 2050. Selon les données disponibles, si les hypothèses restent inchangées, les zones à bâtir légalement établies ne suffiront plus qu’jusqu’en 2040 environ. Le débat ne porte donc plus uniquement sur la gestion de la croissance, mais sur la question de savoir où et avec quelle densité de nouveaux espaces de vie et de travail peuvent encore être créés.
Pour le secteur immobilier et de la construction, il s’agit de bien plus qu’une simple mise à jour de la planification. Le canton incite les communes à densifier davantage les emplacements centraux, à gérer la dimension des zones à bâtir de manière différenciée selon le type de commune et à ouvrir de manière ciblée des marges de manœuvre supplémentaires là où les liaisons de transports publics et la structure de l’urbanisation le permettent. Le plan directeur reste contraignant pour les autorités, mais son effet réel ne se concrétise qu’au niveau de la planification d’affectation, du développement des sites et des procédures d’autorisation.
Une pression accrue sur les zones centrales
L’horizon du plan directeur révisé s’étend désormais jusqu’en 2050. Il repose sur un scénario qui table sur une croissance démographique particulièrement forte pour Lucerne à l’échelle nationale. Le canton s’en tient parallèlement au principe consistant à absorber la majeure partie de cette croissance dans les communes urbaines et bien desservies. Cela accroît la pression sur les centres, les axes de développement et les zones de restructuration. Là où il existe encore aujourd’hui une sous-utilisation des sols, il sera politiquement plus facile de justifier des densités minimales et des programmes plus denses.
L’instrument des « zones centrales » prend désormais une importance particulière. Le canton et les communes concernées doivent évaluer conjointement ces sites présentant un fort potentiel de densification et les définir dans le plan directeur. Pour les promoteurs immobiliers, les propriétaires et les communes, c’est un signal important : la croissance future ne doit pas être dispersée, mais concentrée sur un petit nombre de sites bien desservis. Cela permet de cibler les procédures, mais renforce également les exigences en matière d’espaces libres, de desserte et d’acceptation.
Le logement devient une question d’espace
Le plan directeur allie le développement interne à des marges de manœuvre ponctuelles pour la création de zones à bâtir supplémentaires. Dans les communes urbaines, des extensions ne dépassant pas 8 % des zones à bâtir légalement établies sont prévues, contre 6 % dans les communes de taille moyenne et 4 % dans les communes rurales. Parallèlement, des extensions ciblées visant à créer davantage de logements doivent rester possibles dans des emplacements centraux. Pour le marché du logement, cela indique que Lucerne ne souhaite pas résoudre la pénurie uniquement par la densification du parc immobilier existant, mais souhaite mobiliser des réserves limitées là où elles semblent justifiables du point de vue de l’aménagement du territoire.
Les procédures restent le pointd’
Dans le domaine des zones d’activité également, le canton souhaite exercer un contrôle plus important au-delà des frontières communales. Cela s’avère pertinent pour les sites stratégiques, car la longueur des procédures de planification et d’autorisation ainsi que la rareté des terrains à bâtir freinent déjà aujourd’hui leur développement. Le calendrier politique reste toutefois échelonné en plusieurs étapes : après la mise à l’enquête publique en 2025 suivront les décisions cantonales, puis l’approbation par la Confédération. La procédure ne devrait s’achever qu’en 2027. Pour le marché, l’orientation est donc claire, mais la mise en œuvre reste subordonnée à l’aménagement communal, à la concertation et à la durée de la procédure.