Lucerne intègre des logements dans le bâtiment administratif
La Seetalplatz, à Emmenbrücke, n'accueillera pas seulement le nouveau siège administratif du canton de Lucerne. Ce projet immobilier de 192 millions de francs permettra également la mise sur le marché de 17 appartements locatifs. Cela montre à quel point les nouveaux bâtiments publics du quartier de Lucerne-Nord intègrent de plus en plus des usages mixtes.
Sur la Seetalplatz à Emmenbrücke, le nouveau siège administratif du canton de Lucerne prend la forme d’un projet hybride. Outre des espaces destinés à accueillir plus de 2 000 collaborateurs, le nouveau bâtiment comprendra également 17 appartements locatifs. Ainsi, dans un bâtiment principalement dédié à l’administration et aux services centraux, une part résidentielle modeste mais visible fait son apparition sur le marché.
L’intérêt de cette actualité ne réside pas seulement dans les annonces immobilières elles-mêmes. Ce qui est plus significatif, c’est qu’un bâtiment administratif public, situé sur l’un des principaux sites de développement de la Suisse centrale, soit délibérément complété par des utilisations tierces. Selon les documents du projet accessibles au public, les appartements et autres espaces destinés à des utilisations tierces font partie intégrante de la logique de rentabilité du bâtiment. Le canton combine ainsi usage administratif, surfaces génératrices de revenus et ancrage dans le quartier au sein d’un même bâtiment.
Le logement comme élément du mix financier
Les 17 logements ont été prévus dès les premières phases du projet. Le message cantonal relatif à la construction précise qu’ils doivent contribuer, avec les espaces destinés à des tiers, à la rentabilité du bâtiment administratif. Parallèlement, le canton regroupe environ 30 unités organisationnelles sur la Seetalplatz et transfère une grande partie de ses bureaux, aujourd’hui décentralisés, dans un nouveau bâtiment bien desservi par les transports en commun. Le projet est donc bien plus qu’un simple bâtiment administratif. Il constitue également un élément clé du développement du site de Lucerne Nord.
Selon les informations disponibles, les appartements devraient être prêts à être occupés à compter du 1er novembre. Des logements de 1,5 à 4,5 pièces sont proposés. Les loyers annoncés vont de 1 500 francs, charges comprises, pour 45 mètres carrés, à 2 550 francs pour 103 mètres carrés. Aucune place de parking n’est prévue pour les locataires. Cela correspond bien à l’emplacement, situé directement au nœud de bus de Seetalplatz, mais soulève en même temps la question de savoir comment les grands projets à usage mixte organisent leur mobilité, alors que même l’administration elle-même ne dispose pas de places de parking dans le bâtiment.
Seetalplatz densifie ses fonctions
Pour le secteur immobilier, c’est surtout la logique d’utilisation qui présente un intérêt. Le canton ne construit pas un bâtiment isolé à usage spécifique, mais un édifice combinant administration, commerce et logement. Dans les zones en transformation, ces formes mixtes augmentent le taux d’occupation, prolongent les temps de présence dans le quartier et répartissent plus largement le risque lié à chaque type d’utilisation. C’est précisément dans des lieux comme le Seetalplatz, où l’administration, le pôle de transport et le développement résidentiel se rapprochent géographiquement, que cette combinaison devient un outil d’urbanisme.
À cela s’ajoute un deuxième effet : selon les documents cantonaux, le déménagement à la Seetalplatz libérera environ 38 000 mètres carrés de surfaces de bureaux dans la ville et l’agglomération de Lucerne, qui pourront à l’avenir être réaffectées à des usages de bureaux ou à des usages résidentiels. Le nouveau bâtiment ne se contente donc pas de créer des logements au sein même de l’immeuble, mais il dynamise également le parc immobilier existant. La rapidité avec laquelle ces surfaces seront effectivement réaffectées devrait constituer l’une des questions de suivi les plus intéressantes du projet.