La valeur locative a disparu, mais la polémique perdure

La valeur locative disparaît. Mais à Zurich, ce n’est que le début d’un nouveau conflit. Les pompes à chaleur, les toitures solaires et les façades isolées sont au cœur de la polémique. Le canton doit décider s’il continue à récompenser fiscalement les rénovations respectueuses du climat ou s’il opte pour des subventions.

Même après la suppression de la valeur locative, les rénovations énergétiques restent au cœur du débat sur la politique fiscale dans le canton de Zurich. Photo : HEV Région de Winterthur

août 2026

À compter du 1er janvier 2029, la valeur locative sera supprimée dans toute la Suisse. La déduction générale pour l’entretien des biens immobiliers sera donc également supprimée pour les logements occupés par leur propriétaire. Au niveau fédéral, cela concerne également les investissements destinés aux économies d’énergie et à la protection de l’environnement.

Une marge de manœuvre subsiste toutefois pour les cantons. Ceux-ci peuvent continuer à rendre les mesures énergétiques fiscalement déductibles. Ce droit spécial s’applique jusqu’en 2050 au plus tard. Zurich pourrait donc, malgré le changement de système, conserver une incitation aux investissements privés dans le parc immobilier.

Stocker mise sur les subventions
Le Conseil d’État zurichois ne souhaite pas exploiter cette marge de manœuvre. Il prévoit de supprimer également les déductions fiscales cantonales pour les rénovations énergétiques à partir de 2029. Le gouvernement suit ainsi une logique claire : sans valeur locative, les déductions qui y sont liées doivent elles aussi disparaître.
Le secteur du bâtiment ne se retrouvera toutefois pas totalement privé de soutien. Le Conseil d’État a demandé un crédit-cadre cantonal de 60 millions de francs pour le programme de promotion énergétique pour les années 2026 à 2029. Selon le canton, en ajoutant les fonds provenant de la taxe sur le CO₂ et du programme d’impulsion fédéral, un total de 286 millions de francs pourrait être disponible pour cette promotion.

Le Parlement s’y oppose
Au sein du Grand Conseil, une opposition se forme au centre et à droite de l’échiquier politique. La motion KR n° 227/2026 exige que les mesures d’économie d’énergie et de protection de l’environnement restent fiscalement déductibles même après la suppression de la valeur locative. Cette initiative est soutenue par le PLR, l’UDC, le Centre, les Verts libéraux et le PEV. Cette alliance souhaite stimuler les investissements plutôt que de les freiner par la suppression des incitations. En effet, quiconque remplace un système de chauffage à énergie fossile, améliore l’enveloppe du bâtiment ou produit de l’électricité solaire supporte une grande partie des coûts à titre privé. Les déductions fiscales allègent directement cette charge via la facture fiscale.

Deux voies vers un même objectif
Le débat ne porte pas sur le « si », mais sur le « comment ». Les subventions directes peuvent être ciblées et budgétisées de manière précise. Les déductions fiscales, en revanche, agissent de manière décentralisée, rapide et sans qu’il soit nécessaire de déposer une demande de subvention distincte. Zurich encourage d’ores et déjà les pompes à chaleur, les raccordements au chauffage urbain, l’isolation, les rénovations Minergie-ECO et les services de conseil. Le programme actuel se poursuivra sans changement jusqu’en 2026. La question qui reste en suspens est de savoir si un levier fiscal supplémentaire restera nécessaire à l’avenir.

Une décision qui envoie un signal
Pour les copropriétés, le débat revêt une importance concrète. Il déterminera dans quelle mesure les rénovations à long terme resteront attractives après 2028. Pour le canton, il en va des recettes fiscales, des budgets de subvention et du rythme de la décarbonisation.

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