Construire au lieu de bloquer

Le nombre de logements construits par habitant est aujourd'hui le plus faible depuis les années 1950.cette activité de construction historiquement faible se répercute sur les prix des logements et les loyers.de plus, un cadre réglementaire étroit rend difficile la création d'un nombre suffisant de logements.

mai 2026

C’est dans ce contexte que deux initiatives sur le logement seront soumises au vote le 14 juin. L’initiative pour la protection du logement veut accorder aux communes le droit de soumettre à autorisation les démolitions, transformations et rénovations ainsi que d’introduire un plafond des loyers. De son côté, l’initiative pour le logement demande une société cantonale de construction de logements qui interviendrait sur le marché du logement avec un capital de départ de 500 millions de francs.

Les deux projets misent ainsi sur une plus grande intervention de l’État et de nouvelles obligations.pour voir les effets d’un marché du logement strictement réglementé, il suffit de jeter un coup d’œil à Bâle et à Genève.

A Bâle-Ville, les demandes de permis de construire pour des logements ont chuté de 80% depuis l’introduction de l’ordonnance sur la protection du logement en 2022. Dans le canton de Zurich, elles ont augmenté de 33 pour cent sur la même période. Conséquences à Bâle-Ville : les rénovations sont suspendues, les artisans se plaignent du manque de commandes et les entreprises artisanales se voient contraintes de chercher du travail dans d’autres cantons.

Le tableau est similaire à Genève. Depuis les années 1980, le canton romand connaît l’une des réglementations du logement les plus strictes de Suisse. Ceux qui pensent que le marché du logement y fonctionne mieux que dans les régions moins réglementées se trompent.

La nouvelle étude Sotomo « La dynamique du logement à Zurich et en Suisse » montre que la protection complète du logement à Genève accentue l’effet de lock-in. Ainsi, de nombreux ménages restent dans des logements inadaptés, faute d’alternatives. Près de la moitié des familles avec des enfants en bas âge et encore plus d’un cinquième des personnes âgées de 40 à 64 ans vivent dans des logements surpeuplés. Cela entraîne une mauvaise répartition structurelle et bloque le marché du logement.

Récemment, une étude de Swiss Economics a calculé ce que signifierait un régime de protection du logement pour Zurich : Jusqu’à un demi-milliard d’investissements en moins par an. Si l’on investit moins, on construit moins. Au lieu de soulager la situation sur le marché du logement, les réglementations de protection du logement l’aggravent.

La solution est ailleurs.il faut de meilleures conditions-cadres pour la construction de logements.des procédures plus rapides, moins de bureaucratie et une densification ciblée là où elle est utile. Cela permet de créer des logements supplémentaires et de désengorger le marché du logement.

C’est là qu’intervient le contre-projet à l’initiative sur le logement. Celui-ci mise délibérément sur de meilleures conditions-cadres et incitations pour permettre la création de davantage de logements – avec moins de réglementation, des procédures accélérées et une densification des constructions là où elle est judicieuse. C’est la bonne approche. Car si l’on veut faire quelque chose contre la pénurie de logements, il faut encourager la construction – et non la bloquer.

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