Bâle assouplit la protection du logement, ce qui a des répercussions notables sur les loyers
Selon les données disponibles, 84,3 millions de francs ont été investis dans des travaux de rénovation à Bâle-Ville depuis mai 2022. L'évolution observée depuis le 1er novembre 2025 est particulièrement marquante : avec l'ordonnance révisée, les majorations autorisées augmentent considérablement, notamment dans le cadre de la procédure complète.
À Bâle-Ville, le conflit d’objectifs en matière de protection du logement se traduit désormais par des chiffres. Depuis l’entrée en vigueur de la loi fin mai 2022, 84,3 millions de francs ont été consacrés à des travaux de rénovation, selon les données disponibles. Dans le même temps, 43 millions de francs ont été répercutés sur les locataires. Ce qui est politiquement sensible, ce n’est toutefois pas tant le montant total que la récente hausse des majorations autorisées depuis la révision partielle de l’ordonnance sur la protection du logement au 1er novembre 2025.
Les documents de la Commission de protection du logement analysés par l’Association des locataires de Bâle indiquent que les majorations de loyer ont considérablement augmenté dans les procédures soumises à autorisation. Dans les procédures simplifiées et approfondies combinées, la majoration moyenne s’élevait à 65,8 francs avant la révision, contre 152,7 francs après celle-ci. Dans la procédure complète seule, la moyenne est passée de 122,7 à 262,5 francs par mois. Cela met en évidence ce que la révision au niveau de l’ordonnance change réellement sur le marché : les rénovations énergétiques et complètes deviennent financièrement plus attractives pour les propriétaires, mais sensiblement plus coûteuses pour les baux existants.
De nouvelles incitations modifient les procédures
Le canton de Bâle-Ville a adopté la révision partielle de l’ordonnance sur la protection du logement le 12 juin 2025 et l’a mise en vigueur au 1er novembre 2025. Elle visait à faciliter les rénovations écologiques et à relancer les investissements. Dans le cadre des procédures d’autorisation approfondies, les demandeurs doivent désormais prouver que la consommation d’énergie d’exploitation d’un bâtiment diminue d’au moins 15 %. Si ce seuil est atteint, l’ordonnance offre une plus grande marge de manœuvre pour la répercussion des coûts de rénovation. C’est précisément là que porte la critique : selon les cas analysés, la part des procédures approfondies est passée de 6,6 % à 21,4 %.
Il s’agit là d’un constat important pour les professionnels de l’immobilier. La protection du logement n’a pas freiné les rénovations, mais le choix de la procédure devient un levier économique de plus en plus important. Quiconque peut justifier de mesures écologiques améliore, en vertu des nouvelles règles, la viabilité financière et la facilité de transaction d’un projet, car cela ouvre la perspective de loyers plus élevés. Cela renforce l’incitation à ne plus structurer les projets comme de simples travaux de remise en état, mais comme des rénovations complètes.
La moitié reste sans majoration
Malgré ce report, une deuxième tendance persiste. Environ la moitié des rénovations recensées se sont poursuivies depuis mai 2022 sans majoration de loyer, via la procédure de déclaration. Concrètement, cela concerne 1 108 logements sur 2 105. Même sous le nouveau règlement, cette proportion, avec un peu plus de 51,2 %, reste encore légèrement majoritaire. Pour le parc immobilier, cela signifie que la protection des locataires à Bâle continue d’exercer un effet modérateur sur les répercussions directes sur les loyers, mais que son effet protecteur s’est clairement affaibli dans le cadre de cette procédure plus complexe.
Une question qui dépasse les frontières du canton prend ainsi toute son importance à Bâle. Dès lors qu’il s’agit de concilier objectifs climatiques, rénovation énergétique et protection des locataires, ce n’est pas seulement la loi, mais aussi la conception de l’ordonnance qui détermine l’impact sur le marché. À Bâle, cet effet est devenu visible et mesurable depuis le 1er novembre 2025.