Baden freine la construction de logements abordables dans la ville haute
À Baden, un projet immobilier de la fondation municipale pour le logement est remis en cause, car le conseil municipal souhaite classer l'ancienne serrurerie de la ville haute. La promotion du logement et la préservation du patrimoine s'affrontent ainsi directement sur un site de petite envergure, mais politiquement sensible.
Ce conflit touche un point particulièrement sensible de la politique du logement à Baden. La fondation pour le logement de Baden a été créée en 2012 dans le but explicite de créer des logements abordables, et dotée par la ville d’un capital de 10 millions de francs. Si, aujourd’hui, un projet de cette fondation vient justement de s’enliser en raison d’une nouvelle mesure de protection prise par la ville, c’est la ligne politique en matière de logement de la propriétaire elle-même qui est remise en question.
Le bien immobilier concerné est l’ancienne serrurerie située dans la ville haute. Le 23 juillet 2026, le portail d’actualités Limmatstadt a publié un résumé d’un article du Badener Tagblatt, selon lequel le conseil municipal souhaite classer le bâtiment au titre de monument historique, freinant ainsi le projet de sa propre fondation. Il est par ailleurs vérifiable que la ville de Baden considère sa fondation pour le logement, à long terme, comme un instrument permettant de créer des logements abordables, même en dehors du site de Brisgi.
Conflit entre mission de logement et intérêt de protection
La stratégie de logement de la ville de Baden cite le renforcement de la promotion du logement et le développement de l’offre de logements municipaux comme axes d’action centraux. Selon la ville, la fondation pour le logement ne se considère d’ailleurs pas seulement comme le gestionnaire du site de Brisgi, mais comme un acteur appelé à intervenir également dans d’autres quartiers de Baden. C’est précisément pour cette raison que le cas actuel dépasse le cadre d’un simple conflit local en matière de protection des monuments historiques. Il montre à quelle vitesse un conflit d’objectifs au niveau communal peut bloquer des projets concrets de construction de logements.
Un patrimoine historique à la valeur avérée: «
» En faveur de la protection, on peut faire valoir que des biens comparables ayant autrefois servi d’ateliers sont décrits dans l’inventaire cantonal des bâtiments comme présentant un intérêt historique local. Dans le dossier consacré au « S’Schlossers-Huus », un immeuble à usage d’habitation et commercial abritant autrefois une serrurerie est reconnu comme intéressant sur le plan typologique et comme élément caractéristique d’un ensemble architectural historique. La question de savoir si cette appréciation peut s’appliquer telle quelle au bien immobilier actuellement contesté n’est donc pas encore tranchée. Elle montre toutefois sur quelle logique technique repose un débat sur la protection dans de tels cas.
Un précédent politiquement délicat: «
» Pour la pratique immobilière, cette affaire est particulièrement pertinente car elle ne concerne pas un investisseur privé, mais l’instrument de politique du logement de la ville elle-même. Des retards, des adaptations du projet ou le renoncement à une reconstruction de remplacement soulèveraient immédiatement des questions majeures sur un site de petite taille. Dans quelle mesure la promotion de logements abordables est-elle viable si, en cas de conflits d’affectation, elle passe après d’autres intérêts communaux ? Une clarification publique à Baden devrait donc avoir des répercussions allant au-delà de ce seul bien immobilier.