37 degrés dehors, 25 à l’intérieur, ce n’est pas une blague
La chaleur estivale pèse sur les toits, les façades et les lieux de travail. À l'intérieur, on constate une baisse de la concentration, une augmentation des besoins énergétiques et un désir croissant de disposer d'une climatisation. Mais les bâtiments peuvent faire plus que simplement lutter contre la chaleur. Ils peuvent la capter, la stocker et la freiner de manière intelligente.
Photo : Maris Mezulis
La construction résiliente au changement climatique prend cette nouvelle réalité au sérieux. Il s’agit de concevoir des bâtiments de manière à ce qu’ils restent fonctionnels et agréables à vivre en cas de canicule, de fortes pluies ou de sécheresse.
La Suisse est ici sous pression. Les scénarios climatiques prévoient une hausse des températures ainsi que des vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et plus longues. Cela modifie le climat intérieur et, en l’absence de mesures appropriées, augmente les besoins en climatisation.
Une maison comme bouclier thermique
À Allschwil, l’immeuble de bureaux Hortus illustre ce que peut signifier ce changement de perspective. Selon les responsables du projet, alors que la température extérieure atteignait 37 degrés, la température à l’intérieur de ce bâtiment en bois est restée autour de 25 degrés, sans climatisation classique. Ce n’est pas un appareil isolé qui fait la différence, mais l’interaction entre les matériaux, l’ombrage, la végétalisation et l’approvisionnement énergétique.
Un plafond en terre crue absorbe la chaleur excédentaire et la restitue avec un certain décalage. Parallèlement, la terre crue permet de réguler l’humidité de l’air. Si un refroidissement supplémentaire s’avère nécessaire, la géothermie via le sol vient en renfort.
La façade devient active
L’enveloppe du bâtiment change également de rôle. Le photovoltaïque vertical peut produire de l’électricité tout en ombrageant les fenêtres. Les panneaux solaires mobiles de l’entreprise Solskin, basée à Winterthour, ne se contentent pas de suivre la course du soleil, mais peuvent également s’adapter aux besoins en lumière du bâtiment. Cette technologie est déjà installée sur cinq bâtiments, mais nécessite encore des explications dans de nombreuses communes.
C’est un point important. Dans le secteur du bâtiment, l’innovation échoue souvent non pas à cause du concept, mais à cause des procédures, des routines et du scepticisme face à des images inhabituelles.
La stabilité de la valeur passe par le confort estival
Pour les investisseurs, la résistance à la chaleur devient un facteur de valeur. L’emplacement reste un élément central. Mais la possibilité de louer un bâtiment à long terme dépend de plus en plus de la capacité des occupants à y travailler de manière productive et à s’y sentir bien pendant les périodes de canicule.
La résilience climatique n’est donc pas une discipline supplémentaire. Elle fait partie intégrante d’un bon développement de projet. Ceux qui intègrent dès aujourd’hui l’ombrage, la masse thermique, l’eau et la végétalisation dans leurs plans ne se contentent pas de construire de manière plus durable. Ils créent des espaces qui resteront convaincants demain encore.