Zurich hésite, « Dübai » poursuit ses travaux
Alors que Zurich tremble à l'approche du référendum sur ses propres projets de gratte-ciel, ailleurs, les tours continuent allègrement de s'élever vers le ciel. Bâle et Dübendorf se livrent une compétition silencieuse pour s'adjuger la ligne d'horizon la plus spectaculaire de Suisse. L'une mise sur les capitaux pharmaceutiques et les architectes de renom, l'autre sur une construction de logements pragmatique en périphérie. Zurich, en revanche, se freine elle-même.
En mars, le conseil municipal a considérablement revu à la baisse la stratégie en matière de gratte-ciel prévue par le gouvernement, grâce à une alliance inhabituelle entre la gauche, les Verts et l’UDC. À Schwamendingen, seules des constructions d’une hauteur maximale de 40 mètres, au lieu de 80, pourront désormais être érigées ; pour les tours de 60 mètres, le conseil municipal exige en outre l’élaboration d’un plan d’aménagement. Le 27 septembre, ce sera au tour des électeurs de se prononcer, après que le PLR, le GLP et le Centre ont lancé un référendum et que le Conseil d’État a présenté ses plans initiaux sous forme de contre-projet.
Dübendorf poursuit sa construction sans encombre
À quelques kilomètres à l’est seulement, le tableau est tout autre. Dans le quartier de Hochbord, les « Three Point Towers » ont donné naissance à un ensemble qui a valu à la localité le surnom de « Dübai ». Culminant entre 103 et 113 mètres, ces trois immeubles résidentiels sont déjà les plus hauts de Suisse, et une autre tour de 85 mètres de haut est déjà en projet sur le Ring.
Bâle, l’ivresse des hauteurs
Avec ses deux tours Roche de 205 et 178 mètres, Bâle détient le record suisse des gratte-ciel et devrait le conserver encore longtemps. Depuis 2020, la ville dispose de son propre concept de gratte-ciel, qui définit des sites auprès des groupes pharmaceutiques, des gares et des zones de développement pour de nouvelles tours. Le Grand Conseil débat actuellement du plan d’aménagement « Dreispitz Nord », qui prévoit trois tours résidentielles pouvant atteindre 151 mètres ; la commission compétente l’a déjà approuvé à l’unanimité, avec une seule abstention.
Une signature caractérise la ligne d’horizon
Il est intéressant de noter qui se cache derrière les plus grands projets bâlois. Les tours Roche, les constructions prévues à Dreispitz Nord et la tour Rosental, dont la construction débutera bientôt sur la Messeplatz, sont toutes l’œuvre de Herzog & de Meuron. La conception du futur quartier Rosental Mitte, près de la gare badoise, porte également leur signature ; Bâle devient ainsi de plus en plus la scène de ces architectes vedettes.
Genève ne veut pas être en reste
Jusqu’à présent, Genève ne jouait aucun rôle dans le classement des gratte-ciel, mais cela est sur le point de changer. Le gouvernement a approuvé une convention d’urbanisme pour deux tours de 170 et 175 mètres dans le quartier de Praille-Acacias-Vernets. Un concours d’architecture devrait être lancé en décembre, tandis que Zurich n’a même pas encore défini son propre cadre pour les tours controversées de 137 mètres sur le site du Hardturm.