Le logement stimule le marché, tandis que le commerce de détail est en perte de vitesse
Après une année 2025 record, le marché immobilier suisse voit son élan s'essouffler, mais reste clairement en hausse selon le Swiss Real Estate Sentiment Index 2026. L'immobilier résidentiel continue de stimuler les attentes, tandis que les surfaces commerciales subissent des pressions et que l'offre d'investissement reste limitée.
L’indice Swiss Real Estate Sentiment Index, établi par KPMG, a reculé à 47,5 points en 2026, contre 69,5 points l’année précédente. Ce recul s’explique principalement par le ralentissement de la dynamique des prix. L’évaluation de l’économie suisse reste légèrement négative, à -5,0 points, sans pour autant faire basculer le climat général sur le marché de l’investissement immobilier.
La situation reste particulièrement claire dans le segment résidentiel. L’indice partiel dédié à l’immobilier résidentiel s’établit à 109,8 points, et environ 90 % des experts interrogés s’attendent à une poursuite de la hausse des prix au cours des douze prochains mois. Parallèlement, la pénurie de logements adaptés s’aggrave. L’indice de l’offre a chuté à –122,3 points, et 84 % des participants s’attendent à une pénurie modérée à forte.
Zurich reste en tête
Au niveau régional, les personnes interrogées continuent de placer Zurich en tête des prévisions de prix, avec 104,0 points. Viennent ensuite la Suisse centrale avec 87,4 points et la région lémanique avec 84,1 points. Lugano reste en territoire négatif avec -7,9 points, et le Tessin dans son ensemble continue d’être évalué à la baisse.
Par catégorie d’implantation, ce sont les centres urbains qui obtiennent les meilleurs résultats, avec 88,5 points. Les centres de taille moyenne et les agglomérations atteignent 76,1 points. Même les zones périphériques restent positives, avec 8,8 points, mais perdent nettement de leur attractivité par rapport à l’année précédente, qui avait été exceptionnellement forte.
Le commerce de détail reste le point faible
L’indice des prix tous segments confondus a chuté à 60,7 points, contre 89,0 points lors de l’année record de 2025. Environ 62 % des plus de 370 experts immobiliers interrogés s’attendent néanmoins à une hausse des prix. Alors que les surfaces de bureaux (-2,7 points) et les surfaces commerciales (-4,1 points) ne subissent qu’une légère pression, les prévisions pour les biens immobiliers destinés à la vente s’effondrent nettement, avec une baisse de 40,2 points.
Le secteur perçoit une pression supplémentaire liée aux conditions-cadres. KPMG fait état d’un indice de risque de 1,67 point pour 2026, contre 1,58 l’année précédente. Les personnes interrogées citent à nouveau comme principaux risques le durcissement des réglementations, le contexte économique en Europe et les risques liés aux taux d’intérêt, qui font à nouveau l’objet d’une attention accrue. Pour les propriétaires, les investisseurs et les promoteurs, cela signifie avant tout une chose : le marché reste solide, mais les marges de manœuvre se rétrécissent.