Une étude met en garde contre une nouvelle dynamique des prix sur le marché du logement

La dynamique des loyers sur le marché suisse du logement devrait reprendre après une relative accalmie en raison d'une offre limitée, d'une demande élevée et de la hausse des coûts de construction. Malgré cela, l'activité de construction reste faible en raison de réglementations étendues, peut-on lire dans une étude du groupe Raiffeisen.

Schweiz , juin 2026

Depuis début 2024, la dynamique des prix sur le marché suisse du logement s’est calmée. Les raisons en sont, selon l’étude « Immobilien Schweiz 2Q 2026″ du groupe Raiffeisen, une baisse de l’immigration, des taux d’intérêt plus bas et des prix de construction stables, comme il ressort d’un communiqué.

Selon l’étude, cette relative accalmie pourrait bientôt prendre fin. La fin des effets de la baisse du taux d’intérêt de référence sur les loyers ainsi que la hausse des prix de l’énergie suite à la guerre en Iran font actuellement grimper fortement les prix de la construction. Parallèlement, l’activité de construction de logements en Suisse reste à un niveau historiquement bas.

Cela s’explique notamment par la multiplication des réglementations dans les domaines de l’efficacité énergétique, de la protection contre le climat et le bruit, de l’accessibilité ou de la protection des monuments. Ainsi, depuis 2005, la longueur des lois cantonales sur la construction a augmenté en moyenne de 26 pour cent, celle des ordonnances sur la construction même de 32 pour cent. Les prescriptions réglementaires augmentent toutefois également en raison des normes techniques des associations professionnelles privées. Selon l’étude, celles-ci sont souvent déclarées juridiquement contraignantes et entraînent ainsi des procédures d’autorisation plus longues, des risques de planification plus élevés et des coûts de construction plus importants. L’influence de ces facteurs pourrait ainsi conduire à la fin prochaine de l’apaisement des prix sur le marché du logement locatif, explique Raiffeisen.

« La multitude de nouvelles attentes sociales et techniques en matière de construction de logements est le plus souvent voulue politiquement et largement soutenue et, considérées isolément, certaines réglementations semblent tout à fait judicieuses », explique Fredy Hasenmaile, chef économiste de Raiffeisen Suisse, cité dans le communiqué. « Dans leur ensemble, elles contribuent toutefois à augmenter la complexité, les risques et les coûts de la construction de logements au point que ces effets ne peuvent plus être compensés par le progrès technique et les gains d’efficacité »

Dans ce contexte, l’abolition décidée de la valeur locative ne montre pas encore d’effets tangibles sur le marché du logement. Afin de réaliser à temps les potentiels d’économies d’impôts, Hasenmaile recommande de rénover rapidement les logements en propriété nécessitant un assainissement.

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