L’inflation suisse atteint 1,5 % – Le marché immobilier sous la pression des taux d’intérêt

L'inflation en Suisse a nettement augmenté en octobre 2026. Avec un taux d'inflation annuel de 1,5 %, elle atteint son plus haut niveau depuis décembre 2023. La hausse des prix de l'énergie en est la principale cause. Pour le secteur immobilier, les coûts de financement, les dépenses d'exploitation et la future politique de taux d'intérêt de la Banque nationale suisse revêtent ainsi une importance accrue.
4 minutes de lecture
Partager cet article

L’inflation suisse atteint 1,5 % – Le marché immobilier sous la pression des taux d’intérêt

Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS), l’indice national des prix à la consommation a augmenté de 0,2 % en octobre par rapport au mois précédent, pour s’établir à 101,7 points. En glissement annuel, l’inflation est passée de 1,0 % en septembre à 1,5 % en octobre. Cette hausse s’est donc avérée plus forte que ne l’avaient prévu de nombreux économistes.

Cette hausse s’explique notamment par la hausse des prix du fioul, de l’essence et du diesel. Les produits pétroliers ont renchéri d’environ 40 % par rapport au même mois de l’année précédente. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie, sujets à des fluctuations, ainsi que d’autres composantes volatiles, est en revanche restée inchangée à 0,5 %.

Les taux hypothécaires sont déjà à la hausse
Pour le marché immobilier, la question qui se pose avant tout est de savoir quelles seront les répercussions de cette hausse de l’inflation sur l’évolution des taux d’intérêt. La Banque nationale suisse (BNS) avait maintenu son taux directeur à 0 % en septembre. Avec un taux d’inflation de 1,5 %, la hausse des prix reste dans la fourchette de stabilité des prix définie par la BNS, comprise entre 0 et 2 %.

Toutefois, les taux hypothécaires à long terme avaient déjà augmenté avant même la publication des derniers chiffres de l’inflation. Selon le baromètre hypothécaire de Comparis, les taux de référence des prêts hypothécaires à taux fixe sur dix ans sont passés de 1,77 % à 2,07 % au troisième trimestre 2026. Cette hausse s’explique principalement par la hausse des taux sur les marchés des capitaux et l’augmentation des coûts de refinancement des banques.

Si l’inflation devait se maintenir à un niveau élevé pendant une période prolongée, cela pourrait restreindre la marge de manœuvre de la Banque nationale en matière de politique monétaire. Pour les acheteurs immobiliers, les promoteurs immobiliers et les investisseurs, un renchérissement supplémentaire des financements à long terme aurait une incidence sur les calculs de rentabilité.

Les charges d’exploitation et les loyers en ligne de mire
La hausse des prix de l’énergie a également des répercussions sur la gestion des biens immobiliers. Les bâtiments équipés de systèmes de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles sont particulièrement touchés par la hausse des frais de chauffage. Pour les propriétaires et les gestionnaires, l’efficacité énergétique, les rénovations et la planification à long terme des charges d’exploitation gagnent ainsi en importance.

En ce qui concerne les loyers des logements, la situation est plus nuancée. Le taux d’intérêt de référence hypothécaire reste fixé à 1,25 %. La hausse des prix à la consommation n’entraîne donc pas automatiquement une augmentation des loyers existants. Dans le cadre des dispositions légales, le renchérissement peut toutefois être partiellement pris en compte dans les baux ordinaires.

Les investisseurs doivent effectuer des calculs plus précis
Les investisseurs immobiliers, qu’ils soient institutionnels ou privés, se trouvent confrontés à un dilemme. D’une part, l’immobilier peut offrir à long terme une certaine protection contre la dépréciation monétaire. D’autre part, la hausse des coûts de financement et des dépenses d’exploitation pèse sur le rendement, à moins qu’elle ne soit compensée par des revenus correspondants ou des gains d’efficacité.

L’évolution actuelle ne constitue donc pas encore le signe d’un retournement imminent des taux d’intérêt. Le niveau toujours bas de l’inflation sous-jacente ne laisse pas présager d’une hausse généralisée des prix. Le facteur décisif sera de savoir si la flambée des prix de l’énergie s’atténuera au cours des prochains mois ou si elle se répercutera sur d’autres secteurs économiques.

Pour le secteur immobilier, l’évolution des taux d’intérêt reste donc un élément clé à surveiller. Une estimation prudente devrait gagner en importance, notamment dans le cadre des refinancements à venir, des grands projets de construction et des acquisitions immobilières.