Les régies genevoises réclament des règles sûres

L'USPI Genève accompagne son rapport annuel 2025 d'une demande claire adressée aux responsables politiques et à l'administration. L'association met en avant les 320 000 biens immobiliers qu'elle gère, les 650 millions de francs d'investissements dans la construction et la pression croissante qui s'exerce sur la rénovation, la construction neuve et la gestion immobilière sur le marché genevois, où l'offre est limitée.

juillet 2026

320 000 biens immobiliers gérés, 3,7 milliards de francs de valeur locative, 650 millions de francs d’investissements dans la construction et 2,7 milliards de francs de volume de transactions : C’est à travers ces chiffres que l’USPI Genève souligne, dans son rapport annuel 2025, l’impact économique des gestionnaires privés dans le canton. L’association associe toutefois ce bilan à un message politique. Selon le secteur, ceux qui souhaitent davantage de nouvelles constructions, de rénovations et de densification à Genève doivent garantir des conditions-cadres plus fiables.

Le cœur de cette publication réside donc moins dans les statistiques de l’association que dans l’accent mis sur la sécurité juridique et la capacité d’investissement. Cela revêt une importance particulière pour le marché immobilier genevois, car la pénurie de logements persiste et les interventions énergétiques deviennent de plus en plus complexes sur les plans technique, réglementaire et financier. Les propriétaires privés et les régies sont appelés à renouveler le parc immobilier, mais ils sont confrontés à des procédures complexes et à des coûts croissants.

Pression sur la rénovation et la construction neuve
L’USPI Genève souligne que ses entreprises membres gèrent environ 70 % du parc locatif genevois, tant résidentiel que commercial. Cela confère du poids à la demande de règles stables. L’accent est mis non seulement sur les nouvelles constructions, mais aussi sur la rénovation du parc immobilier existant et la densification, dans un marché où la création de logements supplémentaires est souhaitée sur le plan politique, mais reste difficile à mettre en œuvre sur le plan opérationnel.

Dans ce contexte, Genève a simplifié de manière ponctuelle la transition énergétique dans le secteur du bâtiment. Depuis une modification législative du 24 janvier 2025, certaines pompes à chaleur installées dans des bâtiments existants ne nécessitent plus de permis de construire, pour autant que des conditions définies soient remplies. Cela allège la charge administrative pour certains projets, mais montre également à quel point les innovations techniques restent soumises à des prescriptions détaillées en matière de protection contre le bruit, d’intégration dans le paysage, de performances et de droit locatif.

L’autorégulation est renforcée
L’association fonde également sa position sur des outils de qualité et de formation. Le label de qualité exige notamment le contrôle de la solidité financière, une assurance responsabilité civile professionnelle et le respect des règles de déontologie. À cela s’ajoutent des labels de formation, d’énergie et d’agence immobilière. Selon les données de fin d’année 2025, 22 membres disposaient du label de formation, 22 du label vert et 26 du label de courtier. Pour les propriétaires et les mandants, cela montre que la professionnalisation du marché genevois de la gestion immobilière n’est pas seulement exigée sur le plan politique, mais qu’elle est également organisée en interne.

À cela s’ajoute l’aspect technologique. L’USPI Genève a adopté de nouvelles directives en matière de cybersécurité, qui seront obligatoires pour ses membres à partir de 2026. Concrètement, cela concerne un secteur qui traite de grandes quantités de données sensibles relatives aux locataires, aux propriétaires et aux immeubles. La numérisation et l’intelligence artificielle n’apparaissent donc pas comme des sujets secondaires, mais comme des éléments essentiels pour l’avenir de la gestion immobilière, tant sur le plan opérationnel que sur celui de la confiance.

Genève en quête de fiabilité
Pour le secteur immobilier, ce rapport peut donc avant tout être lu comme le reflet des intérêts d’une association influente sur le marché. Le message est clair : sans investissements privés, la rénovation du parc immobilier s’enlise. En 2026, la réussite de cette équation ne dépendra pas seulement des capitaux et des prix de la construction, mais aussi de la capacité de Genève à maintenir un cadre réglementaire prévisible en matière de rénovations, de transitions énergétiques et de construction de logements.

Plus d'articles