La Suisse perd du terrain dans le classement des places économiques
La Suisse recule à la 3e place du classement IMD 2026. Le recul de la performance économique touche un point essentiel de la place économique : lorsque la croissance s'affaiblit et que le commerce extérieur est mis sous pression, les exigences en matière d'investissements, d'espaces et de réglementation s'accroissent également.
Dans le classement mondial de la compétitivité 2026 de l’IMD, la Suisse est passée de la première à la troisième place. Elle est désormais devancée par Singapour et Hong Kong. Ce n’est pas un recul généralisé sur l’ensemble des facteurs qui est déterminant, mais la chute brutale enregistrée au niveau de la performance économique : dans cette sous-catégorie, la Suisse recule de la 13e à la 37e place.
Pour le secteur immobilier et la place économique, ce chiffre est bien plus qu’un simple chiffre symbolique. Ceux qui développent des terrains, commercialisent des sites ou allouent des capitaux à long terme ne se concentrent pas uniquement sur l’efficacité administrative et les infrastructures. Ce qui est déterminant, c’est de savoir si un pays est capable de traduire la croissance en demande productive, en puissance d’exportation et en dynamisme entrepreneurial. C’est précisément là que le constat pour la Suisse devient désagréablement concret.
Forte sur le plan institutionnel, plus faible en termes de résultats
L’IMD continue d’attribuer à la Suisse des notes excellentes en matière d’efficacité du gouvernement et de l’administration, ainsi qu’en matière d’infrastructures. Les entreprises restent également solidement positionnées en comparaison internationale. Le revers de la médaille survient justement là où la qualité de la place économique doit se traduire concrètement sur le plan économique : dans l’évolution réelle des performances. Cela correspond à une année où la conjoncture suisse, sans s’être effondrée, reste nettement inférieure à la moyenne. Selon les prévisions disponibles, seule une croissance de 0,9 % est attendue pour 2026.
Cela modifie également la perspective sur la place économique. Une qualité institutionnelle élevée ne suffit pas à elle seule lorsque l’accès aux marchés étrangers devient plus difficile et que la fragmentation mondiale s’accentue. L’IMD lie d’ailleurs le recul de la Suisse à la question de savoir dans quelle mesure un petit espace économique ouvert reste résilient dans un contexte plus protectionniste.
Conséquences pour les projets et l’
de capitauxPour le secteur immobilier, l’impact est secondaire, mais bien réel. Une croissance plus faible ne freine pas automatiquement le marché, mais elle modifie les priorités. Les investisseurs accordent davantage d’importance à la sécurité des rendements, à la flexibilité d’utilisation et à la prévisibilité réglementaire. Les promoteurs et les propriétaires de parc immobilier dépendent davantage du fait que la densification, la reconversion et l’implantation d’entreprises trouvent un terrain favorable face à une demande solide. Si le commerce extérieur perd de son élan, le marché intérieur gagne en importance, tout comme la question de savoir dans quelle mesure la Suisse reste compétitive et favorable aux entreprises sur le plan interne.
La place économique doit être mieux pérennisée
Du point de vue du classement, la nécessité d’agir réside donc moins dans les atouts traditionnels de la Suisse que dans leur traduction économique. Sont cités un accès plus large aux marchés étrangers, une réglementation fiable et favorable aux entreprises, davantage de concurrence sur le marché intérieur, ainsi que des finances publiques et un système social viables. Pour la place économique suisse, c’est un message qui donne à réfléchir : de bonnes procédures et de bonnes infrastructures restent un atout, mais leur portée est limitée si la faiblesse de la croissance devient un problème structurel.