L’astuce de la valeur locative, qui a échoué devant les tribunaux

Augmentation des impôts fonciers, retard dans les décisions, querelles politiques. En procédant à la plus importante réévaluation de son parc immobilier depuis 1998, le canton d’Argovie a mis le doigt dans un nid de guêpes. Une expertise externe apporte désormais un verdict clair sur une initiative politique controversée. La demande du PLR et de l'UDC visant à geler la valeur locative est tout simplement irréalisable.

juillet 2026

Pour la première fois depuis près de trente ans, tous les biens immobiliers du canton d’Argovie ont fait l’objet d’une nouvelle évaluation. Cette mesure fait suite à un arrêt de justice. Les anciennes valeurs étaient bien inférieures aux valeurs vénales et enfreignaient ainsi le droit fédéral. La mise en œuvre a toutefois rencontré d’énormes difficultés, avec des adresses erronées, des parts incorrectes et des délais d’attente de plusieurs mois pour obtenir les décisions.

Le canton reconnaît ses erreurs
Sur les 285 000 estimations prévues, environ 11 600 restent en suspens, soit 4 %, selon le canton. Le directeur des finances, Markus Dieth, présente ses excuses pour les désagréments causés. Le prestataire informatique ELCA reconnaît également que, malgré des tests intensifs, les cas complexes n’ont pas été correctement pris en compte dès le départ.

Pourquoi les valeurs ont-elles augmenté
Le déclencheur a été un arrêt rendu par le Tribunal administratif en 2020. Celui-ci a constaté que de nombreuses valeurs locatives étaient inférieures au seuil minimum fixé par le droit fédéral, à savoir 60 % du loyer du marché. La valeur n’a toutefois pas augmenté partout. Elle a même baissé pour 38,3 % des biens immobiliers, tandis qu’elle a augmenté pour 60,5 % d’entre eux.

L’expertise est sans équivoque
Le PLR et l’UDC voulaient mettre un terme à cette augmentation jusqu’à la suppression de la valeur locative au niveau fédéral en 2029. Une expertise du professeur de droit constitutionnel Felix Uhlmann confirme désormais ce que le gouvernement affirme depuis longtemps. Cette initiative est contraire au droit fédéral et ne peut être mise en œuvre.

Les partis poursuivent leurs actions
L’UDC accepte le résultat, mais réclame des alternatives telles qu’une mise en œuvre échelonnée ou des déductions fiscales temporaires. Dans le même temps, le parti annonce qu’il demandera, lors des débats sur le budget, une baisse du taux d’imposition de 5 à 10 %. Adrian Schoop, député PLR au Grand Conseil, se montre déçu par la qualité des décisions, mais salue la culture de l’erreur adoptée par le gouvernement.

Le prochain vote se profile déjà à l’horizon
Parallèlement au débat sur la valeur locative, le canton d’Argovie se prépare à la révision de la loi fiscale de 2027. Le taux maximal de l’impôt sur le revenu devrait passer de 11 à 9,75 %, complété par une déduction pour les petits revenus jusqu’à 75 000 francs. Ce projet allège la charge fiscale des contribuables d’environ 80 millions de francs par an, mais il sera soumis au vote en raison d’un référendum d’initiative des autorités lancé par le PS, les Verts et le PEV.

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