Berne tire la sonnette d’alarme concernant les parcelles sans propriétaire

Le Conseil d'État bernois souhaite réorganiser la réglementation relative aux terrains et propriétés sans propriétaire. Les surfaces non cultivables, telles que les rochers et les glaciers, devaient appartenir aux communes. Quant aux tronçons de chemins, aux terres agricoles ou aux zones industrielles sans propriétaire, les communes devaient bénéficier d'un droit de préemption. Le projet est désormais entre les mains du Grand Conseil.

août 2026

Le pourvoi porte sur deux affaires distinctes. Ce que l’on appelle les « terres sans maître » désigne les rochers, les éboulis, les névés, les glaciers et autres surfaces non cultivables, dont certaines ne sont pas encore inscrites au registre foncier. Les « parcelles sans maître », en revanche, sont des parcelles déjà arpentées et enregistrées qui n’ont plus de propriétaire.

Les communes disposent d’un contrôle accru
En ce qui concerne les terrains incultivables, la révision vise à créer les bases nécessaires pour les arpenter intégralement et les inscrire au registre foncier. Selon la proposition du Conseil d’État, ils deviendraient la propriété des communes concernées. Treize des quinze communes concernées de l’Oberland bernois s’étaient prononcées en faveur de cette solution.

Les communes ne pourraient toutefois pas disposer librement de ces surfaces. Les terres doivent rester accessibles au public et continuer à servir à l’usage commun. Un transfert à des particuliers ne serait possible qu’à titre exceptionnel, avec l’autorisation du canton. Les droits d’exploitation de l’énergie hydraulique et de la géothermie doivent rester la propriété du canton.

Les communes auront également davantage d’influence sur les terrains sans propriétaire. Il peut s’agir, par exemple, de tronçons de chemins, de surfaces forestières et agricoles ou de sites industriels. Un droit de préemption est prévu en faveur de la commune. Un transfert à des particuliers ne serait désormais possible qu’avec son accord.

Cela revêt une importance particulière pour la pratique immobilière et l’implantation d’entreprises. Même des parcelles de petite taille ou d’importance apparemment négligeable peuvent s’avérer cruciales pour les voies d’accès, la desserte ou le développement ultérieur d’un site. Les communes disposeraient ainsi d’un instrument leur permettant de préserver leurs intérêts à long terme.

Une lacune devenue un enjeu politique
Le canton se penche déjà depuis 2021 sur cette réglementation légale. Une première proposition prévoyait d’attribuer les terres sans propriétaire au canton. Le Grand Conseil a rejeté le projet en 2022 et a exigé des clarifications supplémentaires ainsi qu’une implication plus forte des communes concernées.

En décembre 2025, le Conseil d’État a soumis un projet remanié à la consultation. Outre la nouvelle réglementation en matière de propriété des terres non cultivables, celui-ci contenait également des dispositions relatives aux terrains sans propriétaire.

Le sujet a bénéficié d’une attention supplémentaire grâce à Jonas Lauwiner, qui se qualifie lui-même de « roi de Suisse ». La SRF a rapporté en décembre 2025 qu’il possédait environ 150 biens immobiliers sans propriétaire dans plusieurs cantons, parmi lesquels des chemins, des parcelles forestières, des terres arables et des sites industriels. Ces cas montrent à quel point des terrains apparemment insignifiants peuvent soudainement prendre de l’importance dans le cadre de travaux d’aménagement, de questions de voisinage ou du développement d’un site.

Le 13 août 2026, le Conseil d’État a adopté le projet révisé à l’intention du Grand Conseil. Ce dernier devrait l’examiner lors de la session d’hiver 2026. C’est désormais au Parlement qu’il revient de décider si les nouvelles règles en matière de propriété et d’acquisition préalable entreront en vigueur, et sous quelle forme.

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