Baden prend au sérieux la ville éponge
Les fortes pluies inondent les caves, la chaleur s'abat sur les surfaces scellées, les canalisations fonctionnent à la limite de leurs capacités. Ce qui a été considéré pendant des décennies comme un développement urbain normal se retourne aujourd'hui contre lui à chaque événement météorologique extrême. La ville de Baden en tire aujourd'hui les conséquences en faisant appel à des alliés pour briser le béton privé. Un modèle qui pourrait faire école.
Les surfaces imperméables laissent à peine l’eau de pluie s’infiltrer et s’échauffent fortement en cas de températures élevées. Ce problème se retrouve surtout sur les terrains privés, dans les jardins de devant, les cours intérieures et les parkings asphaltés. C’est précisément là qu’intervient l’action de désensablement que la ville de Baden a lancée en collaboration avec les « Asphaltknackerinnen » et la coopérative Mobiliar.
Conseils, contributions, élimination du revêtement
Le modèle est conçu de manière pragmatique. Les particuliers, les coopératives de construction et les petites entreprises comptant jusqu’à vingt collaborateurs peuvent réserver gratuitement et sans engagement un rendez-vous sur place avec les « casseuses d’asphalte ». Celles-ci conseillent lors de la planification et accompagnent le projet pendant un à deux ans. Si une surface est effectivement rendue imperméable et aménagée de manière naturelle, la ville de Baden prend en charge l’élimination du revêtement enlevé pour les surfaces de 100 mètres carrés maximum.
Le principe de la ville éponge comme idée directrice
Le concept veut que l’eau soit retenue là où elle tombe. Les sols descellés absorbent l’eau de pluie, ont un effet rafraîchissant et déchargent les canalisations en cas de fortes pluies. En même temps, des habitats proches de la nature sont créés pour les plantes et les animaux.
Plus qu’une adaptation au climat
Baden va encore plus loin. En complément de l’action de désimperméabilisation, la ville encourage des mesures écologiques supplémentaires. Ceux qui vont au-delà de la simple désimperméabilisation des surfaces et renforcent activement la biodiversité peuvent se faire rembourser jusqu’à 50 pour cent des coûts, avec un maximum de 1000 francs par projet. Il en va de même pour les plantations d’arbres, également jusqu’à 50 pour cent et un maximum de 1000 francs par arbre.
Pour les entreprises et les coopératives de construction du canton d’Argovie, la fenêtre de tir est désormais ouverte. Celles qui possèdent des surfaces qui produisent aujourd’hui plus de chaleur qu’elles n’apportent d’avantages bénéficient d’un conseil gratuit, d’une participation financière et d’un accompagnement spécialisé d’un seul tenant. L’effort est gérable, la plus-value pour la valeur du bâtiment, la qualité de séjour et le profil ESG est réelle.