Schwyz freine la création d’un fonds immobilier financé par les recettes fiscales

Dans le canton de Schwyz, l'impôt sur les gains immobiliers ne devrait pas, dans un premier temps, constituer une nouvelle source de financement pour le logement abordable. Le Conseil d'État rejette une motion qui visait à réaffecter 20 % des recettes aux communes d'implantation et met en garde contre les fluctuations du fonds ainsi que contre une atteinte à la souveraineté budgétaire et à la définition des priorités.
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Schwyz freine la création d’un fonds immobilier financé par les recettes fiscales

La motion M 5/26 demande qu’une partie du produit de l’impôt sur les gains immobiliers soit affectée à la création de logements d’utilité publique. Concrètement, 20 % des recettes devraient être versés aux communes sur le territoire desquelles le gain immobilier imposable a été réalisé. Le Conseil d’État propose toutefois au Grand Conseil de ne pas déclarer cette motion recevable.

Son argumentation touche un point névralgique de la politique du logement dans le canton. Le gouvernement estime que les fonds alimentés de manière forfaitaire, dont les recettes fluctuent fortement, ne constituent pas le bon levier, car cela reviendrait à soustraire des ressources au budget général de l’État sans pouvoir hiérarchiser leur utilisation en fonction des besoins locaux. Pour promouvoir le logement à prix abordable, il renvoie plutôt aux instruments existants du droit de l’aménagement du territoire et aux mesures élaborées au niveau local.

L’impôt reste avant tout un instrument fiscal
Dans sa réponse, le gouvernement rappelle que l’impôt sur les gains immobiliers dans le canton de Schwyz sert en premier lieu des objectifs fiscaux. En vertu du droit en vigueur, les plus-values résultant de la cession de biens immobiliers situés dans le canton ou de parts dans ceux-ci sont soumises à l’impôt sur les gains immobiliers ; dans le système moniste, cela vaut indépendamment du fait que le bien immobilier relève du patrimoine privé ou professionnel.

La politique du logement reste du ressort des communes
Cette décision est importante pour les communes et les porteurs de projets, car elle signifie que, pour l’instant, les ventes immobilières ne génèrent pas automatiquement de recettes destinées au logement à prix modéré. Quiconque souhaite créer davantage de logements abordables à Schwyz doit continuer à s’appuyer sur l’aménagement communal, des instruments de promotion concrets et des décisions politiques, plutôt que de compter sur une clé de répartition imposée par le canton.

C’est désormais au Grand Conseil de décider de la suite à donner à cette affaire. Si la motion est déclarée recevable, le Conseil d’État devra élaborer un projet de loi ou de modification constitutionnelle dans un délai de deux ans. Le Grand Conseil peut toutefois également rejeter cette initiative ou la transformer en postulat.