Selon les estimations de Wüest Partner, la croissance attendue dans le secteur de la construction neuve ne suffira pas à résorber rapidement le déficit accumulé depuis des années. On prévoit environ 50 000 logements supplémentaires pour 2027, contre environ 39 000 en 2025 et environ 45 000 en 2026. Dans le même temps, le marché reste tendu, car les créations de ménages reportées pourraient à nouveau stimuler la demande.
Cela touche en premier lieu le marché locatif. Pour 2027, Wüest Partner prévoit une nouvelle hausse des loyers proposés de 0,9 % à l’échelle nationale. Zurich constitue une exception notable. Les loyers proposés y devraient baisser de 1,7 %. Cela indique que, dans cette région la plus chère, un seuil de saturation a été atteint dans de nombreux endroits, même si la pénurie n’a pas disparu.
Volume de construction en hausse, peu de soulagement
La Confédération continue elle aussi de qualifier la situation de l’offre sur le marché du logement de « tendue ». Le baromètre du marché du logement montre que la croissance du parc immobilier ne suit plus le rythme de la croissance du nombre de ménages depuis un certain temps déjà, et que cette tendance s’est confirmée en 2024 et 2025. Wüest Partner estime que le retard accumulé depuis 2023 représente entre 20 000 et 30 000 ménages qui n’ont pas pu se constituer faute de logements disponibles. Si la construction de nouveaux logements améliore certes la situation, elle ne résout toutefois pas le goulot d’étranglement à court terme.
Le marché de l’immobilier en propriété reste sous pression
Du côté del’immobilier en propriété, l’offre est encore plus restreinte. Pour 2027, Wüest Partner prévoit une hausse des prix de 3,5 % pour les appartements en copropriété et de 3,1 % pour les maisons individuelles. Au troisième trimestre 2026, les prix des appartements en copropriété étaient déjà supérieurs de 5,0 % à ceux de l’année précédente, tandis que ceux des maisons individuelles avaient augmenté de 3,2 %. Selon les prévisions, l’offre restera particulièrement limitée en Suisse centrale et dans les Grisons.
Pour les promoteurs, les investisseurs et les propriétaires, le constat est clair. L’augmentation de l’offre ne suffit pas encore à stabiliser le marché. Tant que les taux de vacance resteront faibles et qu’une partie de la demande ne sera que reportée, 2027 devrait rester une année de discipline des prix persistante, notamment dans le secteur résidentiel. Selon Wüest Partner, une tendance inverse notable ne serait à prévoir qu’en cas de hausse significative des taux d’intérêt à long terme.
