Le marché suisse des bureaux sous pression

Le marché suisse des bureaux semble stable, mais les chiffres racontent une autre histoire. La baisse des taux de location et le manque de dynamisme de l'emploi indiquent des changements structurels. Alors que les centres continuent de profiter de la situation, le risque d'une augmentation du taux de vacance au cours de l'année à venir augmente.

décembre 2025

Les surfaces de bureaux disponibles en Suisse se maintiennent à 2,12 millions de mètres carrés. Une valeur stable en surface. Mais elle cache une évolution inquiétante. Avec 425 000 mètres carrés, les ventes trimestrielles moyennes en 2025 sont nettement inférieures à celles de l’année précédente (2024 : 540 000 m²). Cela correspond à une baisse d’environ 21%. Les entreprises hésitent, prennent des décisions plus lentes ou se retirent des processus de location.

L’emploi ne suit pas – les coûts augmentent
La cause est la faible dynamique du marché du travail. La croissance de l’emploi dans les secteurs de bureaux typiques est passée de 0,3 pour cent, déjà maigre, en 2024 à 0,1 pour cent au troisième trimestre 2025. La situation est particulièrement dramatique dans l’industrie. Les pertes d’emplois y sont passées de moins 0,2 pour cent (2024) à moins 1,1 pour cent (2025). Les droits de douane élevés sur les importations américaines et le franc fort pèsent également sur les entreprises suisses. La réduction prévue des droits de douane pourrait y remédier, mais elle doit encore faire ses preuves.

Maintenir les centres, la périphérie sous pression
La polarisation spatiale sur le marché des bureaux s’accentue. Dans les cinq plus grands centres suisses, la disponibilité reste faible, à l’exception de Bâle. Les centres-villes affichent des taux moyens de 3,7% et les zones urbaines environnantes de 3,6%. En revanche, les banlieues se battent avec 9 pour cent de logements vacants. On constate un écart entre l’est et l’ouest. Les banlieues de Suisse occidentale ont connu une activité de construction nettement plus importante que la Suisse alémanique.

Risques pour 2026
Si les ventes de surfaces se maintiennent à ce faible niveau, le taux de vacance risque d’augmenter l’année prochaine. La stabilité d’aujourd’hui peut rapidement devenir le frein de demain si la croissance de l’emploi et la volonté d’investir des entreprises ne reviennent pas.

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