L’immobilier domestique reste attractif pour les investisseurs institutionnels
La Haute école de Lucerne a analysé dans une étude le comportement des investisseurs institutionnels suisses en matière de placement. Les caisses de pension, en particulier, investissent davantage dans l'immobilier national, tandis que les portefeuilles de placements étrangers restent stables. La réglementation croissante est considérée comme le plus grand risque en matière d'investissement.
Selon un communiqué, l’étude IFZ Hypothekar und Immobilieninvestition 2025 de la Haute école de Lucerne a examiné le comportement de 228 investisseurs institutionnels suisses, dont des caisses de pension, des compagnies d’assurance, des fondations de placement et des fonds. L’Institut de services financiers de Zoug (IFZ) de la Haute école de Lucerne est situé à Rotkreuz ZG. Selon l’étude, l’immobilier national reste particulièrement attractif en tant que placement.
Les caisses de pension (CP) maintiennent leur quote-part immobilière moyenne de 24,3 pour cent à un niveau élevé et souhaitent en grande partie continuer à l’augmenter : 47 pour cent veulent renforcer leur parc immobilier suisse, 49 pour cent le maintenir stable et seuls 3 pour cent veulent le réduire. Selon l’étude, toutes les CP font preuve d’un « biais domestique » : l’allocation suisse du patrimoine immobilier se situe entre 85% (grandes CP) et 92% (CP moyennes).
« D’une part, la hausse des prix depuis plus de 25 ans agit comme une confirmation de la stabilité du marché. D’autre part, les investissements à l’étranger semblent moins intéressants en raison des coûts de couverture de change et de la volatilité accrue », explique John Davidson, codirecteur de l’étude, cité dans le communiqué à propos de la préférence pour les avoirs suisses.
Toutefois, seuls 9% des investisseurs interrogés croient en une poursuite de la tendance à la hausse. La plus grande préoccupation des investisseurs sur le marché immobilier suisse est l’augmentation de la réglementation. Selon 82 pour cent des investisseurs institutionnels, elle entraînera bientôt la fin de la hausse de l’immobilier. La complexité des règles de construction (92%), les oppositions (90%) et le renforcement de la protection des locataires (88%) sont autant d’obstacles à la poursuite de la croissance.
Les risques tels que l’effondrement de la croissance économique (45%), des taux d’intérêt plus élevés à long terme (37%) ou une croissance démographique plus faible (35%) sont relégués au second plan par rapport aux pressions politiques et réglementaires.
L’étude se base sur des enquêtes menées auprès de fonds immobiliers, de fondations de placement et de compagnies d’assurance suisses ainsi que de 135 caisses de pension. Avec un volume de placement de 568 milliards de francs, les caisses de pension interrogées couvrent environ 50 pour cent de la fortune totale des caisses.