Le Conseil fédéral estime qu’il est possible de prolonger l’exploitation des centrales nucléaires
La prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt jusqu'à 80 ans est techniquement possible et, dans les scénarios les plus probables, également rentable. C'est ce que montre un rapport adopté par le Conseil fédéral. La mise à niveau coûterait entre 0,7 et 1,2 milliard de francs.
Le 13 mai, le Conseil fédéral a adopté un rapport sur la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt à 80 ans. Selon un communiqué, le rapport conclut qu’une telle exploitation à long terme est techniquement possible et qu’elle serait également rentable dans la plupart des cas probables. Un soutien financier à l’exploitation à long terme ne serait donc pas nécessaire dans l’état actuel des choses. Le rapport du Conseil fédéral s’appuie sur une étude réalisée par Frontier Economics, dont le siège est à Londres, et Siempelkamp NS, à Alzenau, en Bavière.
Les quatre centrales nucléaires actuellement en service en Suisse couvrent environ 30 % de la consommation d’électricité, mais 36 % de la consommation en hiver. Axpo, en tant que propriétaire et exploitante, prévoit de mettre hors service les deux centrales nucléaires de Beznau 1 et 2 respectivement en 2032 et 2033. En revanche, selon le rapport du Conseil fédéral, la durée de vie des centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt pourrait être prolongée à 80 ans. Gösgen a été mise en service en 1979, Leibstadt en 1984.
Les autorisations d’exploitation des deux centrales sont illimitées. Les exploitants ont déjà communiqué à l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) leurs plans de modernisation en vue d’une exploitation à long terme au-delà de 60 ans. Les exploitants de Gösgen estiment que les coûts d’investissement se situeront entre 1 022 millions et 1 381 millions de francs. Les exploitants de Leibstadt tablent quant à eux sur un montant compris entre 640 et 865 millions de francs. Ces coûts s’étalent sur 36 ans.
La rentabilité de ces investissements dépend notamment des futurs prix de l’électricité, mais aussi de l’évolution des taux d’intérêt et des contraintes politiques. Selon l’étude, l’exploitation à long terme ne serait non rentable qu’en cas de prix de l’électricité très bas. Il faudrait toutefois exclure toute mise hors service prématurée motivée par des considérations politiques, ainsi que des contraintes et des prescriptions de sécurité strictes.
Le rapport du Conseil fédéral répond au postulat « Permettre la poursuite de l’exploitation des centrales nucléaires existantes », déposé en septembre 2023 par le conseiller aux États Thierry Burkart.