L’Argovie cherche des logements au-delà des grands investisseurs

En Argovie, une mesure inhabituelle est mise en avant pour lutter contre la pénurie de logements. Les communes sont invitées à associer de manière ciblée de petits maîtres d'ouvrage à des projets, car malgré une activité de construction soutenue, le marché se resserre et le taux de logements vacants est déjà tombé à 1,05 % en juin 2026.

Aargau, septembre 2026

La pression est mesurable. Au 1er juin 2026, 3 685 appartements et maisons individuelles étaient encore inoccupés dans le canton d’Argovie. Sur un total de 352 556 logements, cela correspond à un taux de vacance de 1,05 %. Six des onze districts affichaient un taux inférieur à celui de l’année précédente ; dans le district de Muri, ce taux est tombé à 0,56 %.

Dans ce contexte, une thèse avancée par Joëlle Zimmerli, du bureau d’urbanisme et de développement Zimraum, lors de la présentation du rapport sur le marché du logement argovien, prend tout son sens. La construction de logements ne doit pas passer uniquement par les grands investisseurs institutionnels. Les communes pourraient également associer de manière ciblée des petits investisseurs, des groupes de construction ou des coopératives à des projets si elles géraient différemment les terrains à bâtir, les procédures et les coopérations.

Petits propriétaires, grands obstacles
Mme Zimmerli a souligné que le parc de logements locatifs en Argovie reste fortement dominé par les particuliers et les propriétaires institutionnels, tandis que les coopératives et les pouvoirs publics ne jouent qu’un rôle mineur. Or, ce sont justement les petits maîtres d’ouvrage qui échouent souvent plus tôt sur le marché. Les prix élevés des terrains, le manque d’expérience en matière de planification et de réalisation, les longues procédures de recours et l’absence de répartition des risques rendent les projets nettement plus fragiles pour eux.

C’est précisément là qu’intervient le levier communal. Selon cette logique, les communes peuvent acquérir des terrains plus petits et plus faciles à aménager, céder de manière ciblée leurs propres parcelles en droit de superficie ou par vente à des promoteurs de petite taille, et ancrer la diversité des investisseurs dans leurs stratégies et leurs plans directeurs. Le canton d’Argovie fait d’ailleurs expressément référence, dans son guide d’aménagement, aux outils relatifs à la redevance de plus-value et à l’obligation de construire, ainsi qu’à l’importance d’une gestion active des zones à bâtir.

La politique exige plus qu’une simple analyse
La pression politique s’intensifie parallèlement. Matthias Betsche, député du GLP au Grand Conseil et président de la nouvelle section argovienne de Casafair, exige du gouvernement une analyse plus approfondie de la question de savoir comment garantir des logements suffisants et abordables en cas de poursuite de la croissance démographique. L’accent est mis sur la charge réelle des coûts de logement pour différents ménages, les pénuries par région, l’accès à la propriété pour les revenus moyens et modestes, ainsi que l’impact des instruments de politique du logement déjà mis en œuvre par les communes.

Les perspectives cantonales montrent également que la nécessité d’agir reste d’actualité. Le guide d’aménagement du canton d’Argovie s’appuie sur des prévisions selon lesquelles la population du canton pourrait augmenter de près de 200 000 habitants d’ici 2040 par rapport à 2012. Si les terrains à bâtir restent rares et que les procédures s’éternisent, la question d’une intervention communale plus ciblée dans la construction de logements devrait donc se poser avec encore plus d’acuité.

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