Le conflit politique s’est aggravé fin septembre 2026. Le Conseil fédéral souhaite rejeter l’initiative sur les loyers, tout en élaborant parallèlement une contre-proposition indirecte. Pour l’Association des locataires, il ne s’agit pas là d’un bouclier contre les loyers abusifs, mais d’un facteur supplémentaire alourdissant encore la charge financière.
L’association fonde son avertissement sur une évolution qu’il est difficile de contester au vu des données officielles sur les taux d’intérêt. Le taux d’intérêt de référence hypothécaire est inchangé depuis le 2 septembre 2025, à 1,25 %, et s’est maintenu à ce niveau au 2 septembre 2026. Pourtant, selon le dossier de l’association, l’indice des loyers de l’Office fédéral de la statistique a augmenté de 32,1 % entre 2005 et 2025.
Une charge qui touche une large partie des locataires
La Suisse reste un pays de locataires. Selon les données de l’OCDE, la proportion de ménages vivant en location y reste particulièrement élevée en comparaison internationale. Dans le même temps, la charge excessive liée aux frais de logement est considérée comme un problème aigu, en particulier pour les faibles revenus. L’association souligne que les ménages dont le revenu brut ne dépasse pas 4 000 francs consacrent en moyenne 37,8 % de leur budget au logement. L’OCDE montre en outre qu’en Suisse, environ deux ménages locataires à faibles revenus sur cinq consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible au loyer.
La propriété se concentrede plus en plusentre les mains des sociétés d’investissement
. Pour le secteur, c’est surtout la restructuration du côté des propriétaires qui est préoccupante. Selon un dossier de l’Association des locataires, la part des logements locatifs détenus par des particuliers a baissé de 57,3 % à 43,2 % entre 2000 et 2024. Dans le même temps, la part des sociétés d’investissement est passée de 28,7 % à 44,4 %. L’association en tire comme conclusion la nécessité d’augmenter l’offre de logements d’utilité publique, d’appliquer de manière plus rigoureuse le principe du loyer basé sur les coûts et de renforcer la loi Lex Koller.
Le marché du logement devient un test pour la réglementation
Pour les propriétaires, les investisseurs et les responsables politiques, il ne s’agit donc plus depuis longtemps uniquement de politique sociale. La Confédération a expressément remis à l’ordre du jour, fin septembre 2026, la protection contre les loyers abusifs. La question de savoir comment équilibrer à l’avenir les rendements, la réglementation et la formation des prix sur le marché suisse du logement locatif se pose donc avec plus d’acuité. Reste à voir jusqu’où ira réellement la contre-proposition indirecte du Conseil fédéral et si elle permettra de freiner la dynamique des prix ou si elle ne fera qu’attiser davantage la polémique.
