Le monde relève ses taux d’intérêt. La Suisse maintient les siens à un niveau bas

Aux États-Unis et en Europe, les taux d'intérêt remontent nettement. La Suisse fait pour l'instant figure d'exception. La Banque nationale maintient son taux directeur à zéro pour cent, car l'inflation, à 0,8 %, reste dans la fourchette visée. Cela reste avantageux pour les prêts immobiliers. En revanche, le rendement réel des dépôts d'épargne et des obligations reste maigre.

Banque nationale suisse à Berne. Photo : Robbie Conceptuel / Wikimedia Commons

septembre 2026

La Réserve fédérale américaine a relevé mi-septembre la fourchette de ses taux directeurs de 0,25 point de pourcentage, la portant à 3,75-4,00 %. Il s’agissait de la première hausse des taux depuis 2023. La Fed réagit ainsi à une inflation qui reste élevée et a mis en avant des pressions persistantes sur les prix.

La Banque centrale européenne a également resserré sa politique monétaire. Elle a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point de pourcentage le 10 septembre. Le taux de dépôt s’élève désormais à 2,50 %. L’inflation dans la zone euro a atteint 3,3 % en août, tandis que les prix de l’énergie ont progressé de 14,3 % par rapport à l’année précédente. La hausse des taux d’intérêt n’est pas uniquement due à l’augmentation des prix du pétrole et du gaz. Les dépenses publiques élevées, l’endettement croissant et les besoins colossaux en capitaux pour les infrastructures, la numérisation et l’intelligence artificielle font également grimper les rendements à long terme. Cela renchérit le coût du financement pour les États, les entreprises et les ménages.

La Suisse reste l’exception
La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à zéro pour cent le 24 septembre. Elle table sur une inflation moyenne de 0,7 % pour 2026 et de 0,8 % tant pour 2027 que pour 2028. L’inflation reste ainsi dans la fourchette cible de la BNS, comprise entre 0 % et 2 %.

La Suisse ne fait donc pas exception à la tendance mondiale. La hausse des prix de l’énergie a également fait grimper l’inflation dans notre pays depuis mai, passant de 0,6 % à 0,8 %. Mais la situation de départ est différente. La force du franc atténue la hausse des prix importés. Parallèlement, les finances publiques restent solides en comparaison internationale. Les conséquences se font sentir sur le marché des capitaux. Les obligations d’État suisses à dix ans offrent des rendements nettement inférieurs à ceux de titres comparables des États-Unis ou de la zone euro. Cet écart fait de la Suisse un « îlot de taux d’intérêt » et soutient les coûts de financement de l’économie et du marché immobilier.

Les prêts hypothécaires restent abordables
C’est une bonne nouvelle pour les emprunteurs hypothécaires. Les prêts hypothécaires Saron s’alignent fortement sur le taux directeur de la BNS. Tant que celui-ci reste à zéro pour cent, les financements à court terme restent relativement bon marché.

Les prêts hypothécaires à taux fixe à long terme suivent davantage les taux du marché des capitaux et les taux de swap. Ils peuvent donc fluctuer même si le taux directeur de la BNS reste inchangé. Le niveau suisse reste néanmoins bas en comparaison internationale. Les propriétaires ne devraient donc pas se contenter d’attendre la prochaine décision de la BNS, mais évaluer soigneusement la durée, leur capacité de remboursement et leur propre tolérance au risque.

L’épargne perd du terrain face à l’inflation
Le contexte de taux d’intérêt bas a un revers. Les comptes d’épargne rapportent généralement peu. Avec un taux directeur de zéro pour cent et une inflation de 0,8 %, l’argent inutilisé perd en réalité de son pouvoir d’achat. Même les obligations suisses n’offrent souvent que des perspectives de rendement limitées, une fois les frais et l’inflation pris en compte.

Quiconque souhaite se constituer un patrimoine à long terme doit donc adopter une perspective plus large. Les actions offrent des opportunités de rendement plus élevées, mais sont nettement plus sujettes à la volatilité à court terme. Les dernières années illustrent clairement cette différence. Le Swiss Performance Index a doublé en dix ans, tandis que le S&P 500, exprimé en francs suisses et dividendes compris, a progressé encore davantage. Les avoirs d’épargne et les obligations suisses sont restés loin derrière.

Le rendement passe par une prise de conscience des risques
La Suisse, véritable «îlot de taux d’intérêt», ne protège pas des turbulences des marchés mondiaux. Elle crée toutefois un environnement dans lequel le financement par emprunt reste relativement bon marché et où les placements sûrs ne génèrent pratiquement aucun rendement réel. Il n’en découle pas pour autant une recommandation générale en faveur des actions. Il en résulte en revanche une tâche claire.

Les investisseurs devraient clairement distinguer leur réserve de liquidités, leur horizon d’investissement et leur tolérance au risque. Ceux qui ont besoin d’argent à court terme ne devraient pas l’exposer au marché boursier. Ceux qui investissent à long terme ne peuvent guère se passer d’un portefeuille largement diversifié comprenant des placements productifs. Le coût de la vie augmente dans le monde entier. En Suisse, l’argent reste pour l’instant bon marché.

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