« Développement Suisse » réclame cinq réformes

Selon « Développement Suisse », la construction de logements en Suisse a atteint un niveau historiquement bas. Alors que la population continue de croître, tout comme les besoins en logements. Dans sa prise de position intitulée « Sortir de la crise du logement », l'association professionnelle réclame moins d'obstacles, des procédures plus rapides et une modernisation en profondeur de l'aménagement du territoire.

septembre 2026

Pour « Entwicklung Schweiz », le constat est clair : la construction de logements ne suit pas le rythme de la demande. L’activité de construction serait tombée en dessous du niveau de 1980, alors même que la Suisse a besoin de logements supplémentaires en raison de la vigueur de son économie et de la croissance démographique soutenue. L’association n’y voit pas un effet conjoncturel passager, mais la conséquence d’un cadre politique et réglementaire qui complique de plus en plus le développement, la planification et la réalisation des projets.

C’est pourquoi «Développement Suisse» a publié son document d’orientation sur la «crise du logement». L’association professionnelle représente des entreprises qui développent, planifient et réalisent des projets de construction et immobiliers. Son appel aux responsables politiques, à l’administration et aux autres acteurs est le suivant : «Laissons-nous construire.» Cinq demandes de réforme sont au cœur de cette initiative, visant à accélérer la construction de logements et, en particulier, à faciliter le développement interne.

Accorder plus d’importance au logement
Premièrement, «Entwicklung Schweiz» réclame une protection des monuments historiques «avec discernement». Lors de la mise en balance des intérêts, l’intérêt public à disposer de logements en nombre suffisant doit primer sur la protection du paysage urbain. Cette revendication vise les transformations, les rénovations, les constructions de remplacement et les densifications dans les zones urbanisées existantes. C’est précisément là que les projets se trouvent souvent tiraillés entre la préservation du patrimoine bâti existant et la création de logements supplémentaires.

Deuxièmement, l’association souhaite que le droit d’opposition soit davantage lié à une atteinte directe. Les oppositions abusives doivent être sanctionnées de manière efficace. Du point de vue du secteur, les recours et les oppositions entraînent souvent des retards, des coûts de planification élevés et une incertitude. Les détracteurs d’une telle restriction devraient en revanche mettre en avant l’importance de la protection juridique, de la participation démocratique et de la sauvegarde des intérêts publics.

Aménagement du territoire et rénovation
La troisième revendication concerne la loi sur l’aménagement du territoire. « Développement Suisse » plaide pour que les classements en zone à bâtir soient à nouveau autorisés dans les zones bien desservies par les transports, tout en déclassant les zones périphériques. En outre, la séparation stricte des zones d’affectation doit être assouplie. L’association s’inscrit ainsi dans la lignée de ses positions antérieures : la densification du centre-ville, la mixité des usages et le développement des zones autour des gares doivent devenir plus faciles à réaliser que les nouvelles constructions dans des emplacements mal desservis.

Quatrièmement, le document propose une offensive en faveur de la rénovation. Le taux de rénovation doit passer d’environ 1 % aujourd’hui à 3 %. À titre d’incitation, « Développement Suisse » réclame au moins 30 % de surface supplémentaire prise en compte dans le cadre des rénovations. Cette idée combine deux objectifs : les bâtiments existants doivent être rénovés sur le plan énergétique, tout en permettant la création de logements supplémentaires. Toutefois, la capacité d’un tel bonus de surface à susciter effectivement les investissements à l’échelle souhaitée dépendra des règlements communaux en matière de construction, des coûts fonciers et de construction, ainsi que des conditions d’autorisation applicables.

En finir avec le « marathon de l’urbanisme»
Cinquièmement, « Développement Suisse » réclame des procédures allégées. Des délais contraignants et un parcours plus direct entre le plan d’affectation et le permis de construire devraient permettre de raccourcir ce que l’on appelle le « marathon de l’urbanisme ». Selon l’association, il ne faut pas seulement de nouveaux objectifs politiques, mais aussi des procédures permettant de réaliser les projets dans des délais raisonnables.

Cette prise de position apporte au débat actuel sur le logement abordable une perspective axée sur l’offre. Alors que des villes comme Zurich et Lausanne achètent des biens immobiliers ou souhaitent transférer des logements vers le secteur d’utilité publique via le droit de préemption, et que la Mobilière met à disposition des fonds propres pour des logements à loyer indexé, Développement Suisse s’attaque aux règles. L’association souhaite modifier les conditions dans lesquelles il est possible de construire, de transformer, de densifier et de rénover.

Ces revendications ne sont pas sans susciter de conflits politiques. Elles concernent la protection du patrimoine bâti historique, le droit d’opposition, le développement urbain et le rôle des communes. C’est précisément pour cette raison que ce document est plus qu’un simple appel du secteur : il soulève une question centrale du débat sur le logement, à savoir si la Suisse souhaite remédier à sa pénurie de logements principalement grâce à des capitaux supplémentaires et à l’engagement public, ou également grâce à des règles d’urbanisme plus rapides et plus souples.

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