Comment les données transforment la construction
Ab 2027 wird in der Europäischen Union der digitale Produktpass für energieintensive Branchen zur Pflicht. Was auf den ersten Blick nach reiner Regulierung klingt, entwickelt sich zu einem strategischen Faktor für den europäischen Bausektor und auch für die Schweiz. Für Unternehmen, die in die EU exportieren oder dort Projekte umsetzen, wird die Nachvollziehbarkeit von Materialien, Ressourcen und Produktionsdaten zum entscheidenden Wettbewerbsmerkmal.
« Au début, je pensais aussi que c’était un truc de l’UE », dit le professeur Adrian Wildenauer, expert en construction numérique. « Mais l’impact sur le secteur suisse de la construction est énorme »
Le passeport produit exige que chaque produit de construction, du ciment aux profilés de fenêtres en passant par le bois, soit documenté numériquement. Les informations sur l’origine, la composition, la consommation d’énergie et la recyclabilité doivent pouvoir être trouvées de manière transparente, généralement via un code QR ou un lien de données.
Ce changement touche un secteur où les données sur les matériaux sont souvent dispersées. Ceux qui produiront à l’avenir sans DPP perdront l’accès au marché européen. Pour les fabricants suisses, cela signifie que sans données, pas de livraison et donc pas de chiffre d’affaires. La pression pour s’adapter est donc élevée.
La qualité des données comme clé
De nombreuses entreprises possèdent déjà des informations précieuses, mais dans des systèmes et des formats différents. Wildenauer y voit le point faible critique : « Je vois bien que les fabricants deviennent de plus en plus des marchands de données. Mais toutes les petites entreprises n’ont pas les moyens de gérer l’intégralité de leurs données »
Il plaide pour un centre de coordination national qui regrouperait les normes, les outils et les standards pour le secteur de la construction. « Nous devons helvétiser cela », dit-il. « De manière rapide, pragmatique et collective » Seule une stratégie de données coordonnée à l’échelle nationale permettra d’éviter la fragmentation et les doublons.
La transparence crée la confiance
Le passeport produit numérique est plus qu’une obligation réglementaire. Il crée une transparence du marché et de nouveaux critères de qualité. Lorsque les produits suisses apparaissent dans les bases de données européennes, cela renforce la visibilité et la crédibilité. Cette étape peut faire toute la différence, en particulier dans un environnement mondial qui mise sur la réduction des émissions de CO₂ et l’économie circulaire.
Avec la divulgation de l’ensemble du cycle de vie des matériaux, de l’extraction à la déconstruction en passant par l’utilisation, l’efficacité des ressources devient centrale. « Le vieux principe du ‘make, take, waste’ a fait son temps », explique Wildenauer. « En réutilisant les matériaux, on économise les ressources et on devient plus indépendant »
De nouvelles compétences apparaissent
L’orientation vers les données modifie les métiers et les processus dans le secteur de la construction. Des profils tels que les gestionnaires de données, les certificateurs de matériaux ou les spécialistes de la traçabilité vont émerger. Ces nouveaux métiers associent le savoir-faire technique et numérique aux pratiques de construction et à la durabilité.
Pour les entreprises, le changement commence maintenant. « Ne pas courir partout comme un poulet sans tête », conseille Wildenauer. « Commencer tout simplement. Quelles sont les données dont je dispose, quelles sont celles qui manquent ? » Un premier inventaire suffit à mettre de l’ordre dans le système. L’intelligence artificielle peut ensuite aider à identifier des modèles et à automatiser les processus. Mais sans données de base propres, les avantages restent limités.
La numérisation, une opportunité
Le passeport produit numérique marque une nouvelle ère de transparence et d’efficacité dans le secteur de la construction. Elle exige un changement de mentalité, mais offre d’énormes opportunités. Les entreprises qui agissent tôt s’assurent une position forte sur le marché et gagnent la confiance des investisseurs, des donneurs d’ordre et des clients finaux.
Wildenauer le résume ainsi : « Ce n’est pas une menace, mais une invitation à mettre de l’ordre et à travailler ensemble pour rendre la construction plus résiliente et durable »