Plus solide que l’acier, plus léger que le bois
Un matériau de construction qui dépasse la résistance de l'acier tout en étant renouvelable. La vision semble futuriste, mais elle prend forme. Après des années de recherche, la start-up américaine Inventwood a lancé la production de masse de ce qu'elle appelle le Superwood. Le matériau a été développé au département des sciences des matériaux de l'université du Maryland, sous la direction du professeur Liangbing Hu. Les premiers lots industriels sont livrés depuis l'été 2025, une étape importante pour les matériaux durables de haute performance.
Foto: Inventwood
L’idée repose sur une transformation ciblée de la microstructure du bois. Le point de départ reste les principaux composants naturels. La cellulose, qui assure la résistance à la traction en tant que structure de support fibreuse, et la lignine, qui maintient les fibres ensemble en tant qu’adhésif naturel. Au cours du processus de fabrication, une partie de la lignine est éliminée chimiquement, ce qui permet de comprimer la cellulose de manière dense. Il en résulte un matériau extrêmement compact, à fibres orientées, d’une densité élevée et d’un poids relativement faible.
Les tests montrent que Superwood est environ douze fois plus solide que le bois non traité et peut même atteindre une résistance à la traction supérieure à celle de l’acier dans certaines combinaisons. Dans le même temps, le matériau reste biodégradable et est basé sur une ressource renouvelable. Un équilibre rare entre performance et durabilité.
Applications dans la construction
Pour le secteur de la construction, Superwood pourrait devenir un gamechanger. Sa combinaison de légèreté, de capacité de charge et d’origine écologique le rend intéressant pour les structures porteuses, les systèmes de façade ou les éléments modulaires légers. Le matériau se travaille comme le bois, mais il présente une meilleure résistance à l’humidité et à la déformation.
Inventwood travaille sur des projets pilotes avec des partenaires constructeurs et architectes, par exemple pour des systèmes de murs préfabriqués ou des constructions hybrides bois-béton. Les chercheurs voient également un grand potentiel dans le domaine des infrastructures, par exemple pour les ponts, les toits ou les constructions transportables.
Sur la voie de l’exploitation industrielle
Le chemin entre le laboratoire et la production de masse a été long. L’entreprise Inventwood qui s’en est suivie en a fait un produit commercialisable. L’évolutivité du procédé, qui peut désormais être appliqué à de grands éléments en bois, a été déterminante.
L’entreprise voit dans Superwood une alternative durable aux matériaux à fortes émissions tels que l’acier, l’aluminium ou le béton. Sa fabrication nécessite moins d’énergie et le CO₂ capturé reste stocké dans le matériau. Superwood pourrait ainsi contribuer à la décarbonisation du secteur de la construction.
Le bois, un matériau de haute technologie
L’industrialisation de Superwood permet de boucler la boucle entre le matériau de construction traditionnel et la science moderne des matériaux. Le bois ordinaire devient un matériau haute performance qui se redéfinit en termes de stabilité et de durabilité.
S’il devient disponible à plus grande échelle, ce matériau pourrait transformer radicalement la construction en bois internationale, des gratte-ciel urbains aux infrastructures modulaires. L’avenir de la construction, semble-t-il, reste le bois – mais en plus intelligent.