Le KOF entre crises, IA et position claire

Dans cet entretien, Jan-Egbert Sturm et Hans Gersbach dressent le bilan de l'année économique 2024 et se tournent vers l'avenir. Ils parlent des problèmes structurels de l'Allemagne, des incertitudes mondiales, du rôle de l'IA et de la manière dont le KOF reste fidèle à lui-même dans un contexte de concurrence croissante.

juin 2025

2024 a été une année de bouleversements marquants. Le Centre de recherches conjoncturelles de l’ETH Zurich (KOF), a réagi avec de nouveaux formats, des méthodes élargies et un positionnement clair, basé sur des preuves, indépendant et pertinent. L’affaiblissement de l’économie allemande et les incertitudes géopolitiques, comme l’élection de Donald Trump, ont également influencé les prévisions pour la Suisse. Le KOF a misé sur des scénarios plutôt que sur des prévisions rigides et a adapté son modèle de prévision aux exigences actuelles.

Fonds de tiers, données et dynamique
Dans un contexte de concurrence accrue pour l’obtention de fonds de tiers, le KOF mise sur une recherche axée sur la pratique et les données. Les projets prennent de l’ampleur et la coopération internationale s’intensifie. En même temps, l’ambition reste claire, le KOF reste une voix indépendante avec une profondeur scientifique. Avec l’extension du KOF Lab, l’institution crée un espace pour des analyses intersectorielles sur la politique monétaire, la santé ou les inégalités sociales et encourage de manière ciblée la relève.

Exploiter les potentiels avec discernement
Sturm et Gersbach voient tous deux de grandes opportunités dans l’IA, mais pas de révolution du jour au lendemain. Il s’agit plutôt d’obtenir des gains de productivité continus, accompagnés d’une réglementation intelligente. Le KOF lui-même utilise des méthodes modernes, mais reste prudent face au battage médiatique. L’objectif est de faire de la recherche qui a un impact, et non de la technologie pour la technologie.

Questions ouvertes pour 2025
En ce qui concerne la nouvelle année, les directeurs estiment que les principaux défis sont l’analyse des droits de douane, des barrières non tarifaires et des tensions géopolitiques. Les leçons de l’effondrement du Crédit Suisse n’ont pas encore été entièrement tirées et l’avenir de la réglementation bancaire reste également un sujet de préoccupation. Le KOF observe, analyse et maintient une position claire, basée sur les faits, prévoyante et indépendante.

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