Éclairage : une panne survient toujours au pire moment pour prendre une décision d’investissement
La Confédération alloue chaque année jusqu'à 70 millions de francs aux mesures d'efficacité énergétique ; en 2025, seul un peu plus d'un tiers de cette somme a été utilisé. La raison n’est que rarement un manque d’intérêt. Elle tient au fait que la plupart des propriétaires et des gestionnaires ne s’occupent de leur éclairage que lorsqu’il tombe en panne. À ce moment-là, le droit à la subvention est déjà perdu.
L’éclairage ne figure pratiquement jamais dans les plans d’investissement. Il fonctionne la plupart du temps, ne fait l’objet que de rares réclamations et passe ainsi inaperçu – jusqu’à ce que le premier luminaire tombe en panne dans la cage d’escalier, puis le suivant dans le parking. Il en résulte alors une dépense imprévue, à réaliser dans l’urgence. Et c’est précisément cette succession d’événements qui coûte de l’argent, alors que les fonds sont pourtant déjà disponibles.
Le problème ne réside pas dans les fonds disponibles
En 2025, le programme fédéral ProKilowatt a soutenu 63 projets et trois programmes pour un montant total de 26 millions de francs – soit à peine plus d’un tiers des 70 millions de francs disponibles chaque année. Les chances de succès sont élevées : jusqu’à 85 % des demandes éligibles sont retenues, la décision étant prise en fonction du rapport coût-efficacité. Ceux qui demandent une aide modeste pour réaliser d’importantes économies ont l’avantage. Les rénovations d’éclairage impliquant un nombre élevé d’heures de fonctionnement, par exemple dans les parkings souterrains ou les locaux commerciaux, obtiennent régulièrement de bons résultats.
L’ordre de dépôt est déterminant
Les subventions ne sont accordées qu’aux projets qui n’ont pas encore été mis en œuvre : l’attribution du marché et la commande de matériel ne peuvent avoir lieu qu’après la décision d’octroi. Quiconque passe commande en premier, puis dépose sa demande, perd totalement son droit à la subvention – jusqu’à 30 % des coûts d’investissement sont en jeu.
Qui attend perd trois fois
En cas de panne, il n’y a pas d’argent . Si l’installation tombe en panne, il faut passer commande immédiatement. L’ordre « demande avant commande » ne peut alors plus être respecté. La rénovation prévue se transforme alors en une modernisation partielle réalisée dans l’urgence, sans subvention.
Celui qui commence sans planification paie deux fois. Rien ne s’oppose à une rénovation par étapes, tant qu’elle est planifiée. En cas de panne, cependant, c’est le défaut qui détermine quelle partie doit être traitée en premier et ce qui est disponible immédiatement. Le résultat ne s’intègre que par hasard dans le concept global ultérieur : soit il faut le remplacer à nouveau, soit on se retrouve avec une installation mixte présentant un éclairage inégal et deux générations de pièces de rechange. L’échafaudage, le montage et l’interruption d’exploitation sont à prévoir une deuxième fois – et la partie déjà modernisée est perdue pour la subvention.
Qui rénove trop tard rénove à moindre coût pour le même prix. L’ancienne installation doit de toute façon être remplacée. Aujourd’hui, la subvention en prend une partie en charge, tant que la rénovation ne s’amortit pas d’elle-même. Lorsque la LED deviendra la norme, elle sera rentable à terme même sans aide financière – et la subvention disparaîtra. Ceux qui attendent jusque-là paieront le remplacement entièrement de leur poche et ne pourront plus se permettre que le simple remplacement des lampes, et non l’ensemble de l’installation avec son système de commande.
Pourquoi l’éclairage est-il particulièrement concerné ?
Depuis 2023, les lampes fluorescentes compactes ainsi que les lampes fluorescentes T5 et T8 ne peuvent plus être importées en Suisse. Les installations existantes peuvent continuer à fonctionner, mais leur remplacement devient plus difficile. De nombreuses copropriétés misent sur leurs stocks et reportent ainsi la décision à une date qu’elles ne contrôlent pas. Est-ce aussi votre cas ?
Quand une rénovation n’est-elle pas rentable ?
En cas de faible nombre d’heures de fonctionnement, d’une rénovation complète prévue ou d’une installation récente, une rénovation n’est souvent pas rentable, même avec des subventions. Une analyse sérieuse doit pouvoir aboutir à cette conclusion. La différence est qu’il s’agit alors d’une décision mûrement réfléchie, et non d’une décision dictée par les stocks du fournisseur.
Conclusion
Les fonds de subvention sont bien garnis, les chances d’obtenir une subvention sont élevées, il suffit juste de respecter le bon ordre des opérations. Celui qui connaît l’état de son parc avant qu’une panne ne survienne décide lui-même du moment, de l’ampleur des travaux et des subventions. Celui qui attend laisse cette décision au hasard.
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